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Le « moi je »

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Nouveau poète
Le "moi je"
Intarissable dans ses affabulations, il se croit intéressant. Si vous avez une histoire à raconter, attendez-vous à avoir la sienne en retour. Votre poisson pêché fait trois kilos, le sien fera la tonne. En voiture, vous roulez à deux cents kilomètres à l'heure, lui il passe le mur du son. Rien ne le rebute, ni le mensonge, ni le ridicule, il croit ce qu'il dit et il dit ce qu'il imagine.

Si son histoire laisse des traces, il met en valeur une prétendue connaissance pour vous empêcher de vérifier, il place la barre au-dessus de la vôtre pour enterrer votre récit, pour se donner l'importance dont il est démuni.


Cet être sans envergure et sans panache prolifère comme les cloportes de peur d'une extinction de sa race, ce qui nous donnerait du repos.

Avec « moi je » à chaque entrée de phrase, par ses récit racontés, il a cent ans... Sa vie est déjà bien remplie, il a tout vu et tout vécu.

Que fait-il dans notre société, cet être comblé à la naissance par la science infuse ? Il conteste les lois établies par les éminents scientifiques, Albert Einstein peut se rhabiller, ses calculs sont revus, la théorie de la relativité restreinte pour lui n'a pas de secret, il savait où allait frapper le tsunami après le tremblement de terre qui a dévasté l'Asie, bien avant Copernic il savait que la terre était ronde, Jésus crucifié sur la croix qu'il a portée, le secret des pyramides, le triangle des Bermudes etc.

En sa compagnie, je sombre dans un mutisme profond, moi qui sais que l'on ne sait jamais.

Il comble sa vie insignifiante en nous labourant les oreilles, bref ! Il nous emmerde !

Son espèce ne sera jamais en voie d'extinction. Pour perpétuer l'outrage, il fait manger à ses enfants le fruit pourri de son imagination, ainsi naît la génération nouvelle des « moi je » qui nous écraseront les groseilles encore longtemps avec des tas d'histoires nouvelles à dormir debout.

J'invite les écrivains, les scénaristes et les scientifiques, à adopter un « moi je ». Détenir un tel spécimen les mettrait à l'abri des pannes de remèdes et d'inspirations...

« Derrière tout mensonge se cache un fond de vérité, certes, mais faut-il enjoliver à outrance le réel en se baignant dans l'absurdité ? »

Armand Voss
 
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