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l'Automne

Obarry

Grand poète
Automne

C’est l’automne, d’Octobre à Décembre,
Hué par le vent, et par le tonnerre grondé
Pendant les ternes jours et les nuits sombres
L’innocent ciel, s’est mis à pleurer
Pendant que la lune se cache à l’ombre.
L’été a repris son chemin et son soleil,
Tout bonnement sans se précipiter,
Traînant, tout hautain, plein d’orgueil,
Emportant ses chaleurs, ses gaietés,
Ses vives fresques d’horizon or et corail
Et les baignades d’août et de Juillet.
Nous revient la folle saison d’après,
Avec ses remuants vents en errance.
En panache bigarrée de vives nuances
Du pourpre au jaune oranger,
Elle fait frissonner son vent en tous sens
Affolant les feuilles qui se recroquevillent
Et s’agrippent aux pieds des fougères
A terre, et aux branchettes de myrtille,
De peur d’être élevées dans les airs
Où entraînées dans de longues frétilles
A travers les bois, les prés et les rivières.

Dans le lourd pénombre des sous-bois
Les feuilles mortes jonchent le sol imbibé
En épais tapis humide et craquant parfois
Embaumé d’émanations diversifiées
Que répand la brise dans les bois
De la lisière, à l’autre bout de la forêt,
Pendant que l’arbousier aux fruits pendants
Loue, leurs vermeilles couleurs aux champignons
Et à la grise mousse agrippée aux pans
Tout au long de l’année et ses saisons.
La nuit, j’entends au dehors rager le vent,
Son hurlement aux rafales de pluie mêlé
En de longs sifflements stridents
Fait vibrer les persiennes fermées,
Les faîtières des toits et les auvents
Et agite rudement les grands marronniers.
C’est le mauvais temps, c’est l’ouragan
La mer est agitée, par la bourrasque balayée.
Au loin, l’on perçoit dans un fort grondement
Les vagues déchaînées, se briser
Contre le récif en mille éclats assourdissants
Qu’étouffe souvent le tonnerre irrité.

À la plage désertée, le sable est arasé
Par les eaux bruyantes et loquaces
Face au récif qu’elles viennent affronter
Pour ôter ce qu’à l’été, a été laissé de traces
C’est la saison des labours et des semences,
Les champs sont retournés en longs sillons.
Dans les bosquets, le gai rossignol en absence,
L’étourdi merle chante , confondant les saisons,
Les tourtereaux reviennent en nuées,
Les herbes, montrent leurs premières feuilles,
Les corbeaux bravent le puissant vent essoufflé,
Le froid et la faim agitent les écureuils
Et l’aubépine dénudée, au bord des chemins
Exhibe avec fierté ses vermillonnes baies,
Tels à l’été les coquelicots aux joues carmins.
Champs et marais regorgent d’eaux de pluie
Baignant sur leur épaisse frange,
Les rivières débordent de leurs lits
Et se versent dans les étangs en minuscule Grange
Au bas des monts que les premières neiges habillent
En lactescents accoutrements d’anges,
Cotonneux flocons amoncelés sans bruit.


Obarry -11.12.2015feuilles automne.jpg
 
très beau... une belle saison pleine de couleur comme l'est ton poème.
 
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