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Larçin

Eléâzar

Maître Poète
Pour n’avoir commis qu’un petit larcin,
Je serai puni d’un tir sur mon sein
Protégeant mon cœur derrière sa cage
D’un projectile qui frappe et saccage.

Pourront-ils tuer cette part de saint
Mise de côté dans le seul dessein
D’aider l’orphelin, le veuf et la veuve
En leur apportant une épopée neuve ?

Henri m’avait dit « reste loin du vol
Car tu seras pris mais prends ton envol
Avec l’oiseau qui siffle et nous regarde
Pour nous dire : - amis, je monte la garde -

Tu as succombé ; pour quelle raison
T’es-tu effondré comme une maison
Aux tuiles percées, aux poutres branlantes
Gardant trop mal les jambes chancelantes ?

Je sais, c’était pour Paul le mendiant
Et pour l’éternel Jean étudiant
Un peu l’Histoire et un peu plus sa femme
Par peur que celle-ci manque et s’affame.

De dérober un bibi à autrui
Entraîne un verdict : tu seras détruit
Et ce qui valait même pas un balle
Coûtera moins que le prix d’une balle. »

C’est vrai, j’ai gaffé ; j’ai vu le dessin
(Ou la photo) d’un maigre buste ceint
D’un long ruban comme une banderole
Où était écrit : « Donnez-moi un rôle ».

Je fus tout ému ; j’ai pensé à ceux
Qui étaient exclus : perdus, malchanceux
Et je le mis sous ma chemise ouverte
Quand le vendeur en fit la découverte…

Il s’agissait d’un croquis esquissé
Par un artiste : qui est-ce qui sait ?
Il portait une belle signature
D’un portraitiste et peintre de nature.

Je ne me souviens plus bien de son nom :
Modigliani ? Ca existe, non ?
En tous cas, je suis condamné ; le juge
Martela : « une mort, je vous adjuge ! »

En pleurs, mendiant et étudiant
Ont bredouillé et en se mordillant
Les lèvres : « ce n’est pas ça la justice,
Réclamons la paix, faisons l’armistice. »

Mais, ce n’était pas la guerre, c’était
Un coup de l’hiver passé cet été
Qui me glace le cœur sous la poitrine ;
Et mon sein a chaud : il est en vitrine.
 
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