Eléâzar
Maître Poète
L'Amour sous sa loi
N'a jamais eu d'Amant plus heureux que moi ;
Bénit soit son flambeau,
Son carquois, son bandeau,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Mes jours et mes nuits
Ont bien peu de repos, et beaucoup d'ennuis ;
Je me meurs de langueur,
J'ai le feu dans le coeur,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Mortels déplaisirs,
Qui venez traverser mes justes desirs,
Je ne crains point vos coups,
Car, enfin, malgré vous,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
A tous ses martyrs
L'Amour donne en leurs maux de secrets plaisirs ;
Je chéris ma douleur,
Et dedans mon malheur,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Les yeux qui m'ont pris,
Payeraient tous mes maux avec un soûris,
Tous leurs traits me sont doux,
Même dans leur courroux,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Cloris eut des Cieux,
En naissant, la faveur et l'amour des Dieux,
Je la veux adorer,
Et sans rien espérer,
J'en suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Souvent le dépit,
Peut bien, pour quelque temps, changer mon esprit,
Je maudis sa rigueur,
Mais au fond de mon cœur,
J'en suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Etant dans les fers
De la belle Cloris, je chantai ces vers ;
Maintenant d'un sujet
Mille fois plus parfait,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
La seule beauté,
Qui soit digne d'amour, tient ma liberté,
Et je puis desormais
Dire mieux que jamais,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Vincent VOITURE
1 597 - 1 648
N'a jamais eu d'Amant plus heureux que moi ;
Bénit soit son flambeau,
Son carquois, son bandeau,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Mes jours et mes nuits
Ont bien peu de repos, et beaucoup d'ennuis ;
Je me meurs de langueur,
J'ai le feu dans le coeur,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Mortels déplaisirs,
Qui venez traverser mes justes desirs,
Je ne crains point vos coups,
Car, enfin, malgré vous,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
A tous ses martyrs
L'Amour donne en leurs maux de secrets plaisirs ;
Je chéris ma douleur,
Et dedans mon malheur,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Les yeux qui m'ont pris,
Payeraient tous mes maux avec un soûris,
Tous leurs traits me sont doux,
Même dans leur courroux,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Cloris eut des Cieux,
En naissant, la faveur et l'amour des Dieux,
Je la veux adorer,
Et sans rien espérer,
J'en suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Souvent le dépit,
Peut bien, pour quelque temps, changer mon esprit,
Je maudis sa rigueur,
Mais au fond de mon cœur,
J'en suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Etant dans les fers
De la belle Cloris, je chantai ces vers ;
Maintenant d'un sujet
Mille fois plus parfait,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
La seule beauté,
Qui soit digne d'amour, tient ma liberté,
Et je puis desormais
Dire mieux que jamais,
Je suis amoureux,
Et le Ciel ne voit point d'Amant plus heureux.
Vincent VOITURE
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