Comme est le ciel devant moi ce soir , très ténébreux , ainsi je vous écris , à l’encre noire du souvenir de la sagesse de ma mère . Elle m’avait eu bien tard , mais ô combien cela m’indiffère , quand je bénéficiai , comme sur un écritoire , de cette sagesse profonde qu’elle m’inculqua , qui m’a souvent aidé et rendu l’espoir . Elle répétait sans cesse qu’il faut penser à la Mort , son message était sensé , clair et fort . Elle ne parlait même pas en paraboles , mais que j’adorais aller à son école ! Car oui , il faut y penser , et à tout âge , même à celui de l’insouciance , car la Faucheuse n’a jamais aucune pitié , on ne peut jamais lui faire confiance ! Elle peut surgir à tout moment , faire tomber les plus grands . C’est très beau l’amour , c’est fort , mais jamais autant que la Mort ! La Mort , c’est l’absence , c’est le vide , elle interrompt les passions les plus torrides. Il arrive même qu’aux moments les plus doux , elle surgisse subitement , et vous capture , vous envoyant si vite sous la nature , mettant fin à vos rêves les plus fous ! Oui, ma mère , cette sage et bonne conseillère avait bien raison de réciter tant et tant de prières , car , quand surgit à l’improviste la Camarde armée de fer , celle qui ne fait ni une ni deux , il faudra alors faire bonne figure devant Dieu , plutôt que d’aller en Enfer !