Eléâzar
Maître Poète
Hé ! Lambert ! Approchez ! Prenez son revolver,
Coupez sa ceinture et sa paire de bretelles
Afin que ses cuisses baisent le fol hiver
Après avoir frôlé les robes de dentelles.
Allez-y, nom de dieu, n’ayez pas de scrupules
Si vous voulez savoir comme est fait l’ennemi ;
Comment fut conçu le plus cocu des crapules
Qui, sous la menace de la lame a blêmi.
- Sergent, j’ai désarmé cet homme moribond
Qui dans deux minutes, aura cessé de vivre ;
Son visage est déjà noir comme du charbon
Et sur ses cheveux courts, il est tombé du givre.
- Vous parlez trop, Lambert ! Agissez sans tarder.
Le combat à mener est celui de la guerre ;
Nous sommes en train de nous faire canarder
Et vous philosophez : tout ça ne me plaît guère.
Donnez-moi le couteau et finissons-en vite :
Je me fous de ce qui retient son pantalon ;
Si je lui troue jusqu’au cou le ventre, j’évite
De le voir à poil du bassin jusqu’au talon.
- Sergent, n’en faites rien ; faisons-le prisonnier :
Il n’a plus d’arme au poing ; il ne peut se défendre
Et puis il a peut-être envie de communier
Avant que son cœur par la peur vienne à se fendre.
- Prisonnier ? Menotté ? Que veux-tu que j’en fasse ?
Je devrai le soigner, le nourrir, le prier
De ne pas me cracher son venin dans la face ;
Bref, je crains qu’il parvienne à me contrarier.
Ah ! ces sottes pensées ! Assez, assez, Lambert !
C’est à vous ou à moi que revient la besogne
Et nous n’irons pas dans un roman de Flaubert ;
Autant que ce soit lui qui sente la charogne.
- Bordel de Dieu, sergent, il s’enfonce une lame
En plein dans le cœur et en hurlant de douleur ;
- Laissez le faire, il se perce la chair ; j’acclame
Cette douceur qui donne aux joues de la couleur.
Coupez sa ceinture et sa paire de bretelles
Afin que ses cuisses baisent le fol hiver
Après avoir frôlé les robes de dentelles.
Allez-y, nom de dieu, n’ayez pas de scrupules
Si vous voulez savoir comme est fait l’ennemi ;
Comment fut conçu le plus cocu des crapules
Qui, sous la menace de la lame a blêmi.
- Sergent, j’ai désarmé cet homme moribond
Qui dans deux minutes, aura cessé de vivre ;
Son visage est déjà noir comme du charbon
Et sur ses cheveux courts, il est tombé du givre.
- Vous parlez trop, Lambert ! Agissez sans tarder.
Le combat à mener est celui de la guerre ;
Nous sommes en train de nous faire canarder
Et vous philosophez : tout ça ne me plaît guère.
Donnez-moi le couteau et finissons-en vite :
Je me fous de ce qui retient son pantalon ;
Si je lui troue jusqu’au cou le ventre, j’évite
De le voir à poil du bassin jusqu’au talon.
- Sergent, n’en faites rien ; faisons-le prisonnier :
Il n’a plus d’arme au poing ; il ne peut se défendre
Et puis il a peut-être envie de communier
Avant que son cœur par la peur vienne à se fendre.
- Prisonnier ? Menotté ? Que veux-tu que j’en fasse ?
Je devrai le soigner, le nourrir, le prier
De ne pas me cracher son venin dans la face ;
Bref, je crains qu’il parvienne à me contrarier.
Ah ! ces sottes pensées ! Assez, assez, Lambert !
C’est à vous ou à moi que revient la besogne
Et nous n’irons pas dans un roman de Flaubert ;
Autant que ce soit lui qui sente la charogne.
- Bordel de Dieu, sergent, il s’enfonce une lame
En plein dans le cœur et en hurlant de douleur ;
- Laissez le faire, il se perce la chair ; j’acclame
Cette douceur qui donne aux joues de la couleur.