Ophee
Nouveau poète
Je serais ravie d'être de celles qui encaissent les coups sans broncher. J'ai toujours éprouvé de l'admiration pour les personnes qui conservent leur sang-froid en toute circonstance, restent debout au milieu des champs de ruine et trouvent encore la ressource de secourir les blessés. Je n'ai pas leur courage, hélas, leur détermination, ou leur inconscience. Je suis trop lucide pour ne pas voir les désastres. Et trop fragile pour les regarder sans vaciller. Après une rupture, certaines rues, certains lieux et certaines heures de la journée vous sont interdit. Et la ville devient tout à coup un champ de bataille désert, truffé de mines émotionnelles, vous devez faire très attention ou vous mettez les pieds ou vous risquez de vous retrouver en morceaux. Il reste les souvenirs, qu'on déteste parfois d'être si beaux. Mais un jour, on les regarde sans avoir les larmes aux yeux, seulement en se rappelant la joie avec laquelle on les a vécus. Les pires blessures sont celles qui touchent le coeur.