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L'AFFAIRE DE COEUR ( Partie 1)

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion KarolusP
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KarolusP

Nouveau poète
L'Affaire de coeur est un récit en vers, qui raconte un procès un peu particulier :
Fatigué de souffrir, un Coeur très âgé décide de trainer l'Amour en justice pour qu'il paye les maux dont il est responsable. Le Procès se déroule sous l'autorité du juge La Raison et du procureur Tête. Celui ci appellera à la barre quelques témoins que seront par exemple le Temps et l'Oubli, tout ceci devant une foule de sentiments venus assister à ce procès unique... L'Amour sera-t-il condamné ?


PREAMBULE

Vingt et unième siècle à la cour de nos vies.
Le procès qui se tient au palais des passions
Réunit en ce jour six milliards et demi
De témoins attroupés dont nous tairons les noms

La salle est débordante de tant de convives
Qu’il serait délicat d’en conter l’émotion
Mais nul n’aura de doute : l’attention est vive
Et la tension en braise annonce bien le ton.

Je n’en dirais pas plus, ce serait inutile
Puisque comme chacun vous vivez l’occasion
Le jugement du jour, c’est vrai, n’est pas futile…
Mais voilà que s’exprime le Juge Raison…

Le juge Raison :
-Mesdames et messieurs, soyez les bienvenus
Nous entamons dès lors, et devant l’assemblée
Le procès de l’Amour à ce jour détenu.
Silence s’il vous plait ! Faites entrer l’accusé !

Bien que n’ayant de main, L’Amour, bien menotté
Traversa le palais jusqu’à trouver refuge
Au centre de la salle où l’attendait, posée,
Une chaise de bois installée face au juge.

Le juge Raison :
- Nombreux sont les témoins qui seraient à entendre
Mais nous ne saurions pas auditionner la Terre
Aussi faisons entrer sans une once d’esclandre
Ceux qui interviendront pour éclaircir l’affaire.

L’assemblée sans un mot contempla en émoi
La victime, brisée, qui demandait justice
Avançant, lancinant à chacun de ses pas.
Le Cœur semblait perdu et dépourvu de vice.

C’est Le procureur Tête qui lui prêta bras
Et l’aida à s’assoir en son siège de glace
Afin qu’il reste froid et ne s’échauffe pas :
Il n’avait plus vingt ans mais devait faire face.

On dit qu’il fut confiant mais que l’Amour eut peur :
Il y avait trop peu de procureur à cœur.
On attendit un peu que le Temps et l’Oubli
Qui venaient témoigner s’installèrent aussi.

La salle se garnit de quelques sentiments
Qui ne pouvaient manquer ce procès de l’Amour
Eux-mêmes partagés dans ce triste néant
Bousculant tout devant pour mieux cerner la cour.

Se munissant d’un pieu qui pétrifia le Cœur
Le Juge martela un pupitre innocent
Réclamant le silence pour respecter l’heure
Du procès de sa vie : un procès de tout temps.

Le juge Raison :
-L’Amour, votre attention ! Vous êtes accusé
De haute trahison envers nombre de cœurs,
D’extorsion de promesses et de passivité
Face à cœur en détresse usé par vos ardeurs.
Merci de présenter, et de manière audible,
Ce que vous prétendez plaider pour la défense,
Et d’annoncer ensuite, en tant qu’unique cible,
Qui est votre avocat durant notre séance

L’Amour se mit sur pieds devant sa chaise en bois
Et répondit au juge d’un ton assuré :
L’Amour :
-Je plaide non coupable et ne souffrirai pas
Qu’une autre que ma voix aide à me protéger.

Audible il le fut tant que la foule en tremblait,
Réagissant en chœurs devant tant de prestance
Car il faut bien l’avouer : l’Amour impressionnait
Son ton et sa posture étaient plein d’éloquence.

Si le juge Raison fut tout aussi surpris
Il n’en témoigna rien et enchaina ainsi :

Le juge Raison :
-La séance à cette heure est déclarée « ouverte »
Je vous invite Cœur à plaider face à nous
Tempérez votre sang, je ne veux pas de perte,
Evitons les sanglots. La parole est à vous.

Le Cœur bien décidé à dominer la place,
Se leva de la sienne en battant tout de lui,
Si grand ce battement qu’il en brisa la glace.
Il n’était pas de pierre et chacun le sentit.

Le Cœur :
-C’est à toi dictateur que s’adressent mes vers
Toi qui domines l’Homme de ta main de fer
Toi qui trompes chacun, toi qui nous corromps tous
N’espère pas un temps que parole soit douce.
J’en ai tant à conter que j’en perdrais les mots
Mille ans ne sauraient pas résumer mon fardeau.
On t’accuse de crimes dont je t’ai blâmé
Criminel tu es contre l’Humanité.
Tu uses de tes mains pour masquer mes regards
Et dans l’aveuglement tu illustres ma vie
D’une beauté nouvelle en me poussant à croire
Qu’elle et moi, par tes liens, serons toujours unis.
Mais tu ne vis qu’en quête d’étourdir les cœurs
Et nous quittes sans mots, sans départ annoncé
Nous laissant un matin dépourvu de l’ardeur
Qui habitait les cœurs violemment délaissés.
Je connais bien les Hommes car j’en suis la vie
Et je vois tout le mal qu’ils endurent ainsi
Quand tu blesses les cœurs, tu mets l’Homme en péril
Et n’as de souvenir que chagrins en exil. »

L’assemblée suspendue aux dires du vieux Cœur
Se vit interrompue dans sa grande attention
Car l’Amour, offensé par ces diffamations
N’attendit pas longtemps pour crier son aigreur :

L’Amour :
-Impulsion votre honneur ! Empêchez ce discours !
Il n’y a pas de preuve, ce n’est que ragots
Et si ce n’en est pas, exigez de la cour
Qu’elle réclame au Cœur de justifier ses mots.

Le juge Raison :
- impulsion retenue, mais veuillez vous assoir.
Monsieur Cœur, il est vrai que votre plaidoyer
S’il voulait nous convaincre ne fait qu’émouvoir
Avez-vous, je vous prie, une preuve au dossier ?

Le Cœur :
- Tout à fait votre honneur, j’ai en ma possession
La lettre d’un humain qui fut abandonné
Comme je l’expliquais, sans aucune raison,
Par la faute d’Amour qui s’en était allé.
Mais permettez plutôt que je lise ces mots
En témoin des douleurs et des tristes sanglots.

(Bientôt la partie 2...)
 
j'aime beaucoup ce côté procés d'intention bien rédiger de dialogues rytmés de sons doux sur fond de mélodie que j'ai lu avec un grand plaisir.
superbe en vérité et donc bien inspiré
je suis bouche bée, vraiment hyper supra bien.
je vais m'attarder sur le suivant ....
 
très bonne idée de faire parler ce cœur,j'attends la suite avec impatience..amitiés+v lys
 
c 'est de ces mots que jaimerai que mon prochain divorce soit jugé, exactement au mot près,
j'ai d ailleurs aussi ecrit , dans un de mes poemes "plaidoirie d aimer" je nai pas ton talent, .
si l amour pouvait se defendre encore plus fort quil le fait actuellement dans nos coeurs
quelle reussite,!! quel bonheur !
bravo pour ta reussite d ecrire avec tant de ferveur ! j'adore
 
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