Filiatus
Maître Poète
Chaudron, corbeau, fioles, grimoires
Poupées, couteaux, baves, venins
Cabane obscure, lumière noire
Et poudre de perlimpinpin
Versailles, roi, soleil, maitresse
Du poison, du sang sur les mains.
C'est à peu près ce que nous laisse
Le souvenir de La Voisin
Née dans un milieu très modeste
Mariée à douze ans et demi
De son nom, las, il ne nous reste
Que celui de son cher mari
Ce dernier, Montvoisin, Antoine
Brave bijoutier parisien
Lui donne une fille Suzanne
Et meurt du jour au lendemain
Grâce à son petit héritage
Et de quelques talents aussi
Elle se met vite à l'ouvrage
Dans l'art de la chiromancie
Et bientôt son petit commerce
Séduit la haute société
Sa réputation surtout perce
Dans les aiguilles à tricoter
Un jour vient toquer à sa porte
Une marquise de la Cour
Avec pour amicale escorte
Un abbé Étienne Guibourg
Cette haute et noble personne
C'est Madame de Montespan
Qui, à La Voisin s'abandonne
Pour récupérer son amant
Et son amant, c'est son altesse
Louis le quatorzième du nom
Alors au cours de noires messes
La Voisin concocte un poison
Du poison fait de chair humaine
Que le roi se devra de boire
Et si leurs amours ne reviennent
Elle videra le saloir
Dénoncée par deux concurrentes
Aussi empoisonneuses qu'elle
Mais dont les mains sont moins sanglantes
La police enfin l'interpelle
Quand, avec horreur on découvre
L'étendue de ses sortilèges
Une "chambre ardente" l'on ouvre
Pour éviter les sacrilèges
C'est là qu'on apprend dans la peine
Les compromissions de la Cour
D'une habilleuse de la reine
Du maréchal de Luxembourg
La comtesse de Polignac
Et la duchesse de Bouillon
Et au milieu de ce cloaque
Jean Racine, au glorieux renom
Conduite devant Notre-Dame
Pour demander à Dieu pardon
D'avoir tué mille jeunes âmes
[Le double, peut-être, dit-on]
Elle grogne quelques injures
Prie quelques harpies maudites
Mais change soudain de figure
Devant le bûcher qui crépite
Bientôt dans les flammes orange
Brûle dans des cris inhumains
Le corps de la faiseuse d'anges
Transpercé par le feu divin
Poupées, couteaux, baves, venins
Cabane obscure, lumière noire
Et poudre de perlimpinpin
Versailles, roi, soleil, maitresse
Du poison, du sang sur les mains.
C'est à peu près ce que nous laisse
Le souvenir de La Voisin
Née dans un milieu très modeste
Mariée à douze ans et demi
De son nom, las, il ne nous reste
Que celui de son cher mari
Ce dernier, Montvoisin, Antoine
Brave bijoutier parisien
Lui donne une fille Suzanne
Et meurt du jour au lendemain
Grâce à son petit héritage
Et de quelques talents aussi
Elle se met vite à l'ouvrage
Dans l'art de la chiromancie
Et bientôt son petit commerce
Séduit la haute société
Sa réputation surtout perce
Dans les aiguilles à tricoter
Un jour vient toquer à sa porte
Une marquise de la Cour
Avec pour amicale escorte
Un abbé Étienne Guibourg
Cette haute et noble personne
C'est Madame de Montespan
Qui, à La Voisin s'abandonne
Pour récupérer son amant
Et son amant, c'est son altesse
Louis le quatorzième du nom
Alors au cours de noires messes
La Voisin concocte un poison
Du poison fait de chair humaine
Que le roi se devra de boire
Et si leurs amours ne reviennent
Elle videra le saloir
Dénoncée par deux concurrentes
Aussi empoisonneuses qu'elle
Mais dont les mains sont moins sanglantes
La police enfin l'interpelle
Quand, avec horreur on découvre
L'étendue de ses sortilèges
Une "chambre ardente" l'on ouvre
Pour éviter les sacrilèges
C'est là qu'on apprend dans la peine
Les compromissions de la Cour
D'une habilleuse de la reine
Du maréchal de Luxembourg
La comtesse de Polignac
Et la duchesse de Bouillon
Et au milieu de ce cloaque
Jean Racine, au glorieux renom
Conduite devant Notre-Dame
Pour demander à Dieu pardon
D'avoir tué mille jeunes âmes
[Le double, peut-être, dit-on]
Elle grogne quelques injures
Prie quelques harpies maudites
Mais change soudain de figure
Devant le bûcher qui crépite
Bientôt dans les flammes orange
Brûle dans des cris inhumains
Le corps de la faiseuse d'anges
Transpercé par le feu divin