LA VIE
Aussi imperceptible qu’un battement de cils,
La vie mène, nous entraine, noue égraine,
Kaléidoscope où les images défilent
En monde de transparence aux souffrances vaines.
Perceptions confuses en pastels fanés
Sur papiers glacés en tiroirs d’oubliance,
Soyances sépia aux essences mordorées,
Visages ingénus aux candeurs de l’enfance.
Dentelles blanches et voile d’espérance,
En visions diffuses d’un mariage oublié,
Disparues depuis lors dans l’ignorance
Des sourires figés de familles rassemblées.
Tendres regards sur la nacelle d’un enfant
En liens d’éternels amours d’acier et velours,
A son tour, otage en l’engrenage du temps,
De feuilleter ses pages azur à contre jour.
Aux paupières closes se meurent les souvenirs,
Les lueurs et souffles du conscient s’estompent
Dans les bercements de marbre du devenir
Où pensées et rêves d’espoir s’interrompent.
En la mémoire de ma mère qui aimait à me dire « La vie ne se résume qu’en un battement de cils ».