Hors concours
Voici l’histoire de Faustine et de Justin :
Elle venait d’avoir quinze ans
Lui avait depuis des décennies dépassé la soixantaine,
Elle lui paraissait être un vrai festin :
Une voix limpide comme mélodie portée par le vent,
Une chevelure soyeuse d’un noir ébène…
Il savait que l’amour ne pourrait exister entre eux,
Les villageois le pointeraient du doigt :
« Regardez-moi c’vieux salopard dépravé
Une jeunesse comme ça avec lui c’est y pas honteux !
D’voir ça nous donne la gerbe ma foi !
Il est aussi sec qu’un vieil arbre mort, vé ! »
Brusquement Justin songea à la fée Coquelicot
Elle seule pourra exhausser ses vœux,
Lui redonner une apparence juvénile
Le sortir de son état de ruine, illico…
Pouvoir vivre avec Faustine serait merveilleux !
Et ne plus devoir passer pour un débile sénile…
Ne prenant garde aux sombres nuages
Notre rêveur traversa plaines et prairies
Afin de retrouver la magicienne,
Sous les éclairs aveuglants de l’orage
Il l’aperçut : elle se dressait ondulant derrière la bergerie,
Protégeant sa jupe rouge sous les battants d’une persienne.
Notre Justin lui exposa sa requête
Mais comme le tonnerre grondait
Elle ne comprit hélas qu’à moitié !
Il ne se doutait qu’il allait mettre Faustine en la charrette
Et repartit heureux, le cœur léger et satisfait,
Sous les bouquets de pluie il se mit à danser, à siffler…
Dans son miroir plus l’ombre d’une ride,
Le dos bien droit et non vouté,
Une silhouette musclée et sculpturale,
Il alla retrouver sa belle…à toute bride
Hélas ! Comme elle avait changé !
Son regard était vitreux, sa voix cassée et gutturale,
Le corps délabré et avachi en épave,
Ses cheveux aussi rêches que du foin…
Elle n’était plus pousse tendre de blé en herbe,
Sa mâchoire édentée laissait filtrer une gluante bave
La sorcière l’avait changée en vétuste babouin…
Son menton affaissé était loin d’être imberbe !
Je vous laisse à songer que notre Justin n’y fit cas…
Où allait demander à la fée un désenvoutement
Afin qu’il retrouve son état de vieillard contre la jeunesse de Faustine…
Et bien non ! il poussa la vioque dans une fosse à caca
Retourna au village jouer les princes charmants
Conter fleurette aux Germaine, aux Berthe, aux Ernestine…
Voyez-vous : il n’y a plus de moralité en ce bas monde !!!Elle venait d’avoir quinze ans
Lui avait depuis des décennies dépassé la soixantaine,
Elle lui paraissait être un vrai festin :
Une voix limpide comme mélodie portée par le vent,
Une chevelure soyeuse d’un noir ébène…
Il savait que l’amour ne pourrait exister entre eux,
Les villageois le pointeraient du doigt :
« Regardez-moi c’vieux salopard dépravé
Une jeunesse comme ça avec lui c’est y pas honteux !
D’voir ça nous donne la gerbe ma foi !
Il est aussi sec qu’un vieil arbre mort, vé ! »
Brusquement Justin songea à la fée Coquelicot
Elle seule pourra exhausser ses vœux,
Lui redonner une apparence juvénile
Le sortir de son état de ruine, illico…
Pouvoir vivre avec Faustine serait merveilleux !
Et ne plus devoir passer pour un débile sénile…
Ne prenant garde aux sombres nuages
Notre rêveur traversa plaines et prairies
Afin de retrouver la magicienne,
Sous les éclairs aveuglants de l’orage
Il l’aperçut : elle se dressait ondulant derrière la bergerie,
Protégeant sa jupe rouge sous les battants d’une persienne.
Notre Justin lui exposa sa requête
Mais comme le tonnerre grondait
Elle ne comprit hélas qu’à moitié !
Il ne se doutait qu’il allait mettre Faustine en la charrette
Et repartit heureux, le cœur léger et satisfait,
Sous les bouquets de pluie il se mit à danser, à siffler…
Dans son miroir plus l’ombre d’une ride,
Le dos bien droit et non vouté,
Une silhouette musclée et sculpturale,
Il alla retrouver sa belle…à toute bride
Hélas ! Comme elle avait changé !
Son regard était vitreux, sa voix cassée et gutturale,
Le corps délabré et avachi en épave,
Ses cheveux aussi rêches que du foin…
Elle n’était plus pousse tendre de blé en herbe,
Sa mâchoire édentée laissait filtrer une gluante bave
La sorcière l’avait changée en vétuste babouin…
Son menton affaissé était loin d’être imberbe !
Je vous laisse à songer que notre Justin n’y fit cas…
Où allait demander à la fée un désenvoutement
Afin qu’il retrouve son état de vieillard contre la jeunesse de Faustine…
Et bien non ! il poussa la vioque dans une fosse à caca
Retourna au village jouer les princes charmants
Conter fleurette aux Germaine, aux Berthe, aux Ernestine…