Emilie88
Poète libéré
Et je cours dans ce paysage sylvestre,
Un vulgaire gibier traqué par son chasseur
Entre les arbres à l’écorce lavée de noirceur
Zigzaguant dans une cruelle course pédestre ;
La pluie fouette mon visage d’une punition
Que je n’ai pourtant pas méritée ; mes pieds
Se prennent dans des racines estropiées,
J’avance dans une rage de compétition,
Mes poumons se gorgent de l’air toxique
De la vile forêt, et je flaire des odeurs
De bois humide et de mousse moqueurs,
Quand mes jambes abandonnent la course horrifique,
Et je m’affaisse comme un domino
Dans ce jeu pervers ; un coup d’œil derrière moi,
Juste des ombres qui rampent et larmoient
Me font des signes de leurs mains de minots ;
Le chasseur n’est sûrement plus très loin,
Je perçois des craquements de branches et de feuilles
Qui volent et vont et viennent, pleines d’orgueil,
Valsent dans une danse funèbre, témoins
De mes pleurs, et je continue ma course
Infernale, malgré la douleur lancinante
De chaque parcelle de ma chair hallucinante,
Mon corps puisant dans ses dernières ressources ;
L’obscurité m’avale puis me recrache,
Je ne distingue que quelques éclats
De lumière perçant le matelas
De la haute canopée, qui m’arrachent
Quelques épaisses larmes fondant en un goût
Amer dans ma bouche ; et tremblant par secousses,
L’idée désolante de ce diable à mes trousses
Me faisant frémir de terreur et de dégoût ;
Et soudain, une lumière vive et avide
M’éblouit, qui grandit comme un enfant,
Pour me mâcher plus fort et, m’étouffant,
M’entraîner dans un arsenical vide.
Un vulgaire gibier traqué par son chasseur
Entre les arbres à l’écorce lavée de noirceur
Zigzaguant dans une cruelle course pédestre ;
La pluie fouette mon visage d’une punition
Que je n’ai pourtant pas méritée ; mes pieds
Se prennent dans des racines estropiées,
J’avance dans une rage de compétition,
Mes poumons se gorgent de l’air toxique
De la vile forêt, et je flaire des odeurs
De bois humide et de mousse moqueurs,
Quand mes jambes abandonnent la course horrifique,
Et je m’affaisse comme un domino
Dans ce jeu pervers ; un coup d’œil derrière moi,
Juste des ombres qui rampent et larmoient
Me font des signes de leurs mains de minots ;
Le chasseur n’est sûrement plus très loin,
Je perçois des craquements de branches et de feuilles
Qui volent et vont et viennent, pleines d’orgueil,
Valsent dans une danse funèbre, témoins
De mes pleurs, et je continue ma course
Infernale, malgré la douleur lancinante
De chaque parcelle de ma chair hallucinante,
Mon corps puisant dans ses dernières ressources ;
L’obscurité m’avale puis me recrache,
Je ne distingue que quelques éclats
De lumière perçant le matelas
De la haute canopée, qui m’arrachent
Quelques épaisses larmes fondant en un goût
Amer dans ma bouche ; et tremblant par secousses,
L’idée désolante de ce diable à mes trousses
Me faisant frémir de terreur et de dégoût ;
Et soudain, une lumière vive et avide
M’éblouit, qui grandit comme un enfant,
Pour me mâcher plus fort et, m’étouffant,
M’entraîner dans un arsenical vide.