lilasys
Maître Poète
La rumeur
Elle naît d’un regard, un mot sous-entendu,
S’en va de bar en bar, à grand rythme de verres
Telle un léger brouillard, elle trouble la vue
De trottoir en trottoir, conquiert l’univers
Elle part, un jour, d’un tel, rebondit sur quelqu’un
S’accroche sur un certain, assomme un inconnu
Elle trace sa route, poursuivant son chemin,
Elle dépose un doute à chaque coin de rue
Vous l’entendez par ci, vous l’écoutez par là
Partout elle conduit son terrible fracas
Colporte les bobards, provoquant des dégâts
Tel un sournois serpent, le baiser de Judas
Agresse ce passant au bord de l’avenue
Inquiète ce marchand derrière son comptoir
Inspire le manant d’une idée saugrenue
La rumeur se faufile à la faveur du soir
S’en va de ville en ville infiltrant les maisons
Portant la nouvelle aux quatre coins du pays
Fait douter les esprits inondant les raisons
Plus le mensonge est gros et plus il est suivi
D’un babil anodin, chuchotement indu
D’un ouï-dire perçu, du fin fond d’une salle,
La clameur s’amplifie devenant un scandale
Éclaboussant à loisir, d’un tel, la vertu
L’anecdote varie à chaque clapotis
L’écho prend de la voix, le potin l’assurance
La chanson s’émaille aux vérités en habits
Pour cette pauvre victime, aucune indulgence
Tous les faits de sa vie, la populace étale
Se gaussant de ses traits, savourant ses défauts
Puis voilà qu’un jour, comme d’un fait à propos
Tel un coup de vent, elle revient en rafale
Ce n’était que cancan, claquement de sabot
Mais ce bruit anodin aura fait bien du mal
Car l’héros principal finit au caniveau
Ou d’un bout de lasso fait un geste fatal
Alors apparaît, à l’entête d’un journal
L’article qui devrait museler la rumeur,
La révélation, ce bruit phénoménal :
Il s’est donné la mort pour laver son honneur.
Mais l’écho persiste, s’alimente en vigueur
Rien ne lui résiste, rien ne lui fait ombrage
La victime est morte, malgré ce grand malheur,
Comme pour s’absoudre, on salit son image
Ainsi donc, mon ami, lorsqu’un bruit tu entends
Garde-le bien enfoui et surtout ne répands
Calomnie, billevesée, commérage de sot
Car rumeur propagée ne récolte que maux
LILASYS
Elle naît d’un regard, un mot sous-entendu,
S’en va de bar en bar, à grand rythme de verres
Telle un léger brouillard, elle trouble la vue
De trottoir en trottoir, conquiert l’univers
Elle part, un jour, d’un tel, rebondit sur quelqu’un
S’accroche sur un certain, assomme un inconnu
Elle trace sa route, poursuivant son chemin,
Elle dépose un doute à chaque coin de rue
Vous l’entendez par ci, vous l’écoutez par là
Partout elle conduit son terrible fracas
Colporte les bobards, provoquant des dégâts
Tel un sournois serpent, le baiser de Judas
Agresse ce passant au bord de l’avenue
Inquiète ce marchand derrière son comptoir
Inspire le manant d’une idée saugrenue
La rumeur se faufile à la faveur du soir
S’en va de ville en ville infiltrant les maisons
Portant la nouvelle aux quatre coins du pays
Fait douter les esprits inondant les raisons
Plus le mensonge est gros et plus il est suivi
D’un babil anodin, chuchotement indu
D’un ouï-dire perçu, du fin fond d’une salle,
La clameur s’amplifie devenant un scandale
Éclaboussant à loisir, d’un tel, la vertu
L’anecdote varie à chaque clapotis
L’écho prend de la voix, le potin l’assurance
La chanson s’émaille aux vérités en habits
Pour cette pauvre victime, aucune indulgence
Tous les faits de sa vie, la populace étale
Se gaussant de ses traits, savourant ses défauts
Puis voilà qu’un jour, comme d’un fait à propos
Tel un coup de vent, elle revient en rafale
Ce n’était que cancan, claquement de sabot
Mais ce bruit anodin aura fait bien du mal
Car l’héros principal finit au caniveau
Ou d’un bout de lasso fait un geste fatal
Alors apparaît, à l’entête d’un journal
L’article qui devrait museler la rumeur,
La révélation, ce bruit phénoménal :
Il s’est donné la mort pour laver son honneur.
Mais l’écho persiste, s’alimente en vigueur
Rien ne lui résiste, rien ne lui fait ombrage
La victime est morte, malgré ce grand malheur,
Comme pour s’absoudre, on salit son image
Ainsi donc, mon ami, lorsqu’un bruit tu entends
Garde-le bien enfoui et surtout ne répands
Calomnie, billevesée, commérage de sot
Car rumeur propagée ne récolte que maux
LILASYS
