Filiatus
Maître Poète
Dans la basse-cour de grand-mère
Une poule sur son perchoir
Se tenait toujours à l’écart
Car elle avait l'amour des vers
Oh pas ces tendres vermisseaux
Que picoraient ses congénères
Mais des vers façon Baudelaire
Qu'elle caquetait aux oiseaux
Et parfois au clair de la lune
D'une plume ôtée de son aile
Elle écrivait des villanelles
Qui racontaient son infortune
Car l'animal malgré sa verve
N'était qu'une gallinacée
Elle se savait menacée
De finir sa vie en conserve
Quand un jour le coq du village
Qui voulait lui compter fleurette
Lui conseilla la galipette
Plutôt que de pondre des pages
Elle répondit : « Votre humour
« N'a d'égal que votre bêtise
« Je suis élue qu'on se le dise
Pour être poule-troubadour »
« - Je vous comprends dit une voix
« De l'autre côté du grillage
« J'étais né pour être sauvage
« Mais la muse me taquina
« Et je vais au hasard des bourgs
« Déclamer les plus grands poètes
« Aux paysans et à leurs bêtes
« En vivant d’eau fraîche et d’amour
« - Ne l’écoute pas dit le coq
« C’est la voix de maître renard
« Tu tombes dans son traquenard
« Il a un don de ventriloque
« - Et alors répliqua la poule
« Je l’avais bien sûr reconnu
« Mais je crois qu’il est devenu
« Manifestement super cool »
Et puis dans un battement d’aile
La poétesse fit un bond
Au-dessus de trente croupions
Insensibles à leur querellel
Le renard, car c’était bien lui
Déjà se léchait les babines
Quand le coup d’une carabine
Résonna dans la métairie
Grand-mère le fusil fumant
Se tourna vers moi inquiète
Et me dit d’une voix fluette
« - Ce coq est trop entreprenant ! »
Moi qui écrivais un poème
Sur une poule troubadour
Je regardai aux alentours
Car mon récit était le même
Le coq, la poule et le renard
Et ma grand-mère évidemment
Attendaient impatiemment
Que redémarre mon histoire
Moi j’étais tellement ému
Que j’en ai déchiré ma feuille
De grand-maman j’ai fait le deuil
D’ailleurs je ne l’ai pas connue.
Une poule sur son perchoir
Se tenait toujours à l’écart
Car elle avait l'amour des vers
Oh pas ces tendres vermisseaux
Que picoraient ses congénères
Mais des vers façon Baudelaire
Qu'elle caquetait aux oiseaux
Et parfois au clair de la lune
D'une plume ôtée de son aile
Elle écrivait des villanelles
Qui racontaient son infortune
Car l'animal malgré sa verve
N'était qu'une gallinacée
Elle se savait menacée
De finir sa vie en conserve
Quand un jour le coq du village
Qui voulait lui compter fleurette
Lui conseilla la galipette
Plutôt que de pondre des pages
Elle répondit : « Votre humour
« N'a d'égal que votre bêtise
« Je suis élue qu'on se le dise
Pour être poule-troubadour »
« - Je vous comprends dit une voix
« De l'autre côté du grillage
« J'étais né pour être sauvage
« Mais la muse me taquina
« Et je vais au hasard des bourgs
« Déclamer les plus grands poètes
« Aux paysans et à leurs bêtes
« En vivant d’eau fraîche et d’amour
« - Ne l’écoute pas dit le coq
« C’est la voix de maître renard
« Tu tombes dans son traquenard
« Il a un don de ventriloque
« - Et alors répliqua la poule
« Je l’avais bien sûr reconnu
« Mais je crois qu’il est devenu
« Manifestement super cool »
Et puis dans un battement d’aile
La poétesse fit un bond
Au-dessus de trente croupions
Insensibles à leur querellel
Le renard, car c’était bien lui
Déjà se léchait les babines
Quand le coup d’une carabine
Résonna dans la métairie
Grand-mère le fusil fumant
Se tourna vers moi inquiète
Et me dit d’une voix fluette
« - Ce coq est trop entreprenant ! »
Moi qui écrivais un poème
Sur une poule troubadour
Je regardai aux alentours
Car mon récit était le même
Le coq, la poule et le renard
Et ma grand-mère évidemment
Attendaient impatiemment
Que redémarre mon histoire
Moi j’étais tellement ému
Que j’en ai déchiré ma feuille
De grand-maman j’ai fait le deuil
D’ailleurs je ne l’ai pas connue.