benoit la plume
Maître Poète
LA PIERRE NOIRE
La nuit je suis l’amie
D’une antique pierre noire,
Une pierre qui m’a dit
Qu’auprès du vieux manoir
Je trouverai l’essence
Qui me fera artiste,
En déréglant mes sens
Pour me lancer en piste.
J’ai déréglé mes sens
A couilles rabattues
Dans les bordels de France
Où je tirais à vue.
Et les putes de Paris,
Les plus belles du pays,
M’ont appelé chéri
Et mon fric ont saisi.
J’ai déréglé mes sens
En des troquets douteux,
Où flottait l’odeur rance
De vieux poivrots goûteux.
J’ai vidé tant de verres
Qu’en tous les caniveaux,
Livide et le teint vert,
Je dégueulais à seaux.
J’ai déréglé mes sens
En partageant la beuh
Tirée en connivence
Aux pétards lumineux,
Et dans nos yeux vitreux
Filaient les rêves d’enfant
Au pays comateux
Des éléphants en rangs.
J’ai déréglé mes sens
En rampant sur la paille,
En claquant sans prudence
Le fruit de mon travail
Pour trop de verres à boire
Et de putes à baiser.
Quand il fallait s’asseoir
Je me suis trop levé.
Dérèglement des sens,
Tu m’as bien eu Arthur :
Sans filet, sans prudence
Je fus à la torture,
Le peu que j’ai écrit
S’en est volé au vent
En souvenirs aigris
De n’être plus vivants.
Aujourd’hui vieillissant
Je me dis qu’après tout
Si je fais le bilan
Tout ne fut pas que boue.
Et je reste la nuit
L’ami d’une pierre noire
Qui pour tuer l’ennui
Me conte des histoires.
La nuit je suis l’amie
D’une antique pierre noire,
Une pierre qui m’a dit
Qu’auprès du vieux manoir
Je trouverai l’essence
Qui me fera artiste,
En déréglant mes sens
Pour me lancer en piste.
J’ai déréglé mes sens
A couilles rabattues
Dans les bordels de France
Où je tirais à vue.
Et les putes de Paris,
Les plus belles du pays,
M’ont appelé chéri
Et mon fric ont saisi.
J’ai déréglé mes sens
En des troquets douteux,
Où flottait l’odeur rance
De vieux poivrots goûteux.
J’ai vidé tant de verres
Qu’en tous les caniveaux,
Livide et le teint vert,
Je dégueulais à seaux.
J’ai déréglé mes sens
En partageant la beuh
Tirée en connivence
Aux pétards lumineux,
Et dans nos yeux vitreux
Filaient les rêves d’enfant
Au pays comateux
Des éléphants en rangs.
J’ai déréglé mes sens
En rampant sur la paille,
En claquant sans prudence
Le fruit de mon travail
Pour trop de verres à boire
Et de putes à baiser.
Quand il fallait s’asseoir
Je me suis trop levé.
Dérèglement des sens,
Tu m’as bien eu Arthur :
Sans filet, sans prudence
Je fus à la torture,
Le peu que j’ai écrit
S’en est volé au vent
En souvenirs aigris
De n’être plus vivants.
Aujourd’hui vieillissant
Je me dis qu’après tout
Si je fais le bilan
Tout ne fut pas que boue.
Et je reste la nuit
L’ami d’une pierre noire
Qui pour tuer l’ennui
Me conte des histoires.