LA PIE VOLEUSE
On la traitait de pipelette, de concierge, de commère,
Elle aimait picorer les conversations,
Elle s’abreuvait des qu’en dira-t-on,
Une mauvaise langue, un dard de vipère !
Elle colportait les rumeurs,
Elle volait les racontars,
Les semait par vents et brouillards,
Sans préoccupation de l’heure !
Elle les amplifiait, en rajoutait,
Emplissant son gossier glouton,
Faisant saliver ses papilles d’un air fripon,
D’avance elle régurgitait et savourait !
Derrière ses rideaux elle espionnait,
On disait qu’elle faisait battre des montagnes,
Et elle battait sans relâche les campagnes,
De son œil perçant rien ne lui échappait !
Qu’importe si on la surnommait « rapporte paquet »,
De « mère Tape dur », de « vieille sorcière »,
Elle n’en avait que faire,
Ses fines oreilles restaient toujours aux aguets !
Elle faisait sa réserve de graines de « on dit »,
Elle récoltait des brides de propos et paroles,
Qu’elle conservait en belles et nobles oboles,
Comme porte ouverte sur Paradis !
Cependant on l’invitait partout,
Communions, mariages, enterrements,
On se l’arrachait aux coups par coups,
Et elle acceptait goulûment, évidement !
Vrai, elle avait de la conversation,
On ne s’ennuyait guère avec elle,
Et chacun se gaussait de son fiel,
Une véritable source d’informations !
Les dimanches après la grand messe,
Elle se régalait des péchés susurrés,
(En secrets bien gardés par monsieur le curé),
Mais ses ouïes fines s’ouvraient aux confesses !
Des bavardages elle en foisonnait quelques miettes,
Mais en mitonnait une estouffade,
Pie jacasse, pie bavarde,
Ne s’est jamais mise à la diète !
Pour elle la parole était d’or,
Le silence n’était qu’en argent,
C’était ainsi depuis la nuit des temps,
Donc les bagouts demeuraient trésors !
La « furoncle » la « vérole » « l’ébola »,
Les villageois s’étaient cotisés,
Même le maire et monsieur le curé,
Ils en avaient marre de son blablabla !
Ainsi arriva chez notre pie écran et clavier,
Elle ne manqua pas de monter sur ses ergots,
Crachant et jurant des gros mots,
Ce rapace se révélait le plus fort, le plus gros !
Elle voulu lui voler dans les plumes,
L’écorcher, l’éborgner, l’étrangler,
L’égorger, le saigner, le trucider
Qu’il se taise, se meure, se consume !
Mais il est vite devenu son mentor,
Grace à lui elle avait beaucoup d’amis,
Et comme les amis des amis étaient ses amis,
Elle récoltait des amis de tout bord !
Elle ne s’occupait plus des gens de son village,
Il y avait tellement mieux à faire,
Elle tapotait journées et nuits entières,
Sur Face book et faisait rage !
Des milliers d’internautes à épier,
A rechercher leurs photos, connaitre leurs vies,
Savoir qui vivait avec qui,
De quoi se remplir le gésier à s’éventrer !
Mais qui des deux est le plus voleur ?
La vieille pie ou face de bouc ?
Moralité: ne pas trop flâner en ce souk
Il vaut mieux trainer ses guêtres ailleurs !
Elle aimait picorer les conversations,
Elle s’abreuvait des qu’en dira-t-on,
Une mauvaise langue, un dard de vipère !
Elle colportait les rumeurs,
Elle volait les racontars,
Les semait par vents et brouillards,
Sans préoccupation de l’heure !
Elle les amplifiait, en rajoutait,
Emplissant son gossier glouton,
Faisant saliver ses papilles d’un air fripon,
D’avance elle régurgitait et savourait !
Derrière ses rideaux elle espionnait,
On disait qu’elle faisait battre des montagnes,
Et elle battait sans relâche les campagnes,
De son œil perçant rien ne lui échappait !
Qu’importe si on la surnommait « rapporte paquet »,
De « mère Tape dur », de « vieille sorcière »,
Elle n’en avait que faire,
Ses fines oreilles restaient toujours aux aguets !
Elle faisait sa réserve de graines de « on dit »,
Elle récoltait des brides de propos et paroles,
Qu’elle conservait en belles et nobles oboles,
Comme porte ouverte sur Paradis !
Cependant on l’invitait partout,
Communions, mariages, enterrements,
On se l’arrachait aux coups par coups,
Et elle acceptait goulûment, évidement !
Vrai, elle avait de la conversation,
On ne s’ennuyait guère avec elle,
Et chacun se gaussait de son fiel,
Une véritable source d’informations !
Les dimanches après la grand messe,
Elle se régalait des péchés susurrés,
(En secrets bien gardés par monsieur le curé),
Mais ses ouïes fines s’ouvraient aux confesses !
Des bavardages elle en foisonnait quelques miettes,
Mais en mitonnait une estouffade,
Pie jacasse, pie bavarde,
Ne s’est jamais mise à la diète !
Pour elle la parole était d’or,
Le silence n’était qu’en argent,
C’était ainsi depuis la nuit des temps,
Donc les bagouts demeuraient trésors !
La « furoncle » la « vérole » « l’ébola »,
Les villageois s’étaient cotisés,
Même le maire et monsieur le curé,
Ils en avaient marre de son blablabla !
Ainsi arriva chez notre pie écran et clavier,
Elle ne manqua pas de monter sur ses ergots,
Crachant et jurant des gros mots,
Ce rapace se révélait le plus fort, le plus gros !
Elle voulu lui voler dans les plumes,
L’écorcher, l’éborgner, l’étrangler,
L’égorger, le saigner, le trucider
Qu’il se taise, se meure, se consume !
Mais il est vite devenu son mentor,
Grace à lui elle avait beaucoup d’amis,
Et comme les amis des amis étaient ses amis,
Elle récoltait des amis de tout bord !
Elle ne s’occupait plus des gens de son village,
Il y avait tellement mieux à faire,
Elle tapotait journées et nuits entières,
Sur Face book et faisait rage !
Des milliers d’internautes à épier,
A rechercher leurs photos, connaitre leurs vies,
Savoir qui vivait avec qui,
De quoi se remplir le gésier à s’éventrer !
Mais qui des deux est le plus voleur ?
La vieille pie ou face de bouc ?
Moralité: ne pas trop flâner en ce souk
Il vaut mieux trainer ses guêtres ailleurs !