jeanclaude
Nouveau poète
LA NUIT ON ENTEND Quand la vague revient clapoter sur la plage Dans la nuit on entend les râles d’Amoco. La mer a déposé sur un bout du rivage Dans le petit matin la misère et son lot Salissant la beauté qu’avait le paysage Sans verser pour autant, une larme, un sanglot. Quand la vague revient clapoter sur la plage Dans la nuit on entend les râles d’Amoco. La tempête en furie avait fait son ouvrage Envoyant par le fond le navire abimé Elle écrit le récit d’un funeste naufrage La mémoire d’un temps, vestiges du passé. Quand la vague revient clapoter sur la plage Dans la nuit on entend les râles d’Amoco. La sonate devient un triste concerto Pour l’univers Sali par la bêtise humaine Un requiem chanté par un vieux matelot Sur le pavé noirci de la belle fontaine. Quand la vague revient clapoter sur la plage Dans la nuit on entend les râles d’Amoco. Il en faudra des jours pour nettoyer l’outrage Les traces d’un péril qui se colore en noir Avant que le baigneur dépose son bagage Pour aller s’assoupir sur les rochers, le soir. Quand la vague revient clapoter sur la plage Dans la nuit on entend les râles d’Amoco. Le fantôme endormi bercé par le clapot Est un bateau rouillé, délavé par l’écume Il laisse au troubadour, sans y mettre véto, D’envoyer son refrain aux vents de l’amertume. Quand la vague revient clapoter sur la plage Dans la nuit on entend les râles d’Amoco. jc blondel