benoit la plume
Maître Poète
LA MILITANTE
Elle marchait dans la ville
Avec son sac en laine,
Le temps était docile,
Ça en valait la peine.
Elle partait quémander
Des sous pour le sida,
Et pour les réfugiés,
Et pour les attentats.
C’était une militante,
Elle prenait tout à cœur.
Ça la rendait contente
De faire le monde meilleur.
Dans les quartiers rupins,
On lui ouvrait rarement.
Ça n’manquait pas de pain,
Seulement de sentiment.
Et quand on lui ouvrait
Ça lui prenait des heures.
Leur sortir la monnaie
C’était un crève-cœur.
Parfois ils lui laissaient
Des boutons de culotte
Habilement cachés
Dans le fond des enveloppes.
C’était des gens de bien,
L’élite de la citée.
Ils avaient de beaux chiens
Au noble pedigree.
Mais elle, elle s’en moquait,
Elle en riait plutôt.
A tous elle pardonnait
Leurs vices et leurs défauts.
Elle croyait en l’humain,
Du grand jusqu’au petit,
Chacun portant en main
Un coin de Paradis.
Mais le tout sans complexe :
Son auteur préféré ,
Dont elle disait des textes,
C’était Léo Ferré.
Convaincue mais lucide,
Elle les connaissait trop
Les réflexions acides
Et l’égoïsme en gros.
Et moi je l’aimais bien :
Elle respirait la joie,
Le printemps qui revient,
Le plaisir d’être soi.
Une graine d’insoumission
Que mon vieux cœur blasé
Avait en affection,
Un air de liberté.
C’était une militante,
Elle prenait tout à cœur.
Ça la rendait contente
De faire le monde meilleur.
Elle marchait dans la ville
Avec son sac en laine,
Le temps était docile,
Ça en valait la peine.
Elle partait quémander
Des sous pour le sida,
Et pour les réfugiés,
Et pour les attentats.
C’était une militante,
Elle prenait tout à cœur.
Ça la rendait contente
De faire le monde meilleur.
Dans les quartiers rupins,
On lui ouvrait rarement.
Ça n’manquait pas de pain,
Seulement de sentiment.
Et quand on lui ouvrait
Ça lui prenait des heures.
Leur sortir la monnaie
C’était un crève-cœur.
Parfois ils lui laissaient
Des boutons de culotte
Habilement cachés
Dans le fond des enveloppes.
C’était des gens de bien,
L’élite de la citée.
Ils avaient de beaux chiens
Au noble pedigree.
Mais elle, elle s’en moquait,
Elle en riait plutôt.
A tous elle pardonnait
Leurs vices et leurs défauts.
Elle croyait en l’humain,
Du grand jusqu’au petit,
Chacun portant en main
Un coin de Paradis.
Mais le tout sans complexe :
Son auteur préféré ,
Dont elle disait des textes,
C’était Léo Ferré.
Convaincue mais lucide,
Elle les connaissait trop
Les réflexions acides
Et l’égoïsme en gros.
Et moi je l’aimais bien :
Elle respirait la joie,
Le printemps qui revient,
Le plaisir d’être soi.
Une graine d’insoumission
Que mon vieux cœur blasé
Avait en affection,
Un air de liberté.
C’était une militante,
Elle prenait tout à cœur.
Ça la rendait contente
De faire le monde meilleur.