Quelqu'un monta
au sommet de la falaise
et se mit à maudire la mer.
Eau muette, matrice stupide,
lente, reflet visqueux du ciel,
négociant entre lune et soleil,
futile, marchande de coquillages
soluble, taureau beuglant,
fertilisant les rochers de ton sang,
épée suicidaire
pulvérisée sur la falaise,
hydre, hydratant la nuit,
expirant des nuages de silences salés
étendant tes ailes gluantes
en vain, en vain,
gorgone, dévorant son propre corps,
oui, toi, eau, crâne plat et absurde
Ainsi il maudit la mer un moment,
elle lécha ses empreintes sur le sable
comme un chien blessé.
Ensuite il descendit
et tapota
le miroir immense et minuscule de la mer.
Va, mon eau, dit-il,
et il reprit sa route.
Miroslav Holub, traduction de Franck Miroux
au sommet de la falaise
et se mit à maudire la mer.
Eau muette, matrice stupide,
lente, reflet visqueux du ciel,
négociant entre lune et soleil,
futile, marchande de coquillages
soluble, taureau beuglant,
fertilisant les rochers de ton sang,
épée suicidaire
pulvérisée sur la falaise,
hydre, hydratant la nuit,
expirant des nuages de silences salés
étendant tes ailes gluantes
en vain, en vain,
gorgone, dévorant son propre corps,
oui, toi, eau, crâne plat et absurde
Ainsi il maudit la mer un moment,
elle lécha ses empreintes sur le sable
comme un chien blessé.
Ensuite il descendit
et tapota
le miroir immense et minuscule de la mer.
Va, mon eau, dit-il,
et il reprit sa route.
Miroslav Holub, traduction de Franck Miroux