cintada
Nouveau poète
Je suis la dame de compagnie
De la reine Marie-Antoinette.
Le 14 juillet 1789, une crainte m'envahit.
La reine aussi est inquiète.
La révolution est en marche, le citoyen est aux barricades.
La reine ne veut pas quitter le petit Trianon.
Je l'accompagne dans ses promenades,
Pendant que le roi chasse à Meudon.
Le peuple, je l'entends, il crie :
" Du pain, du pain, on a faim ".
C'est le petit peuple de Paris,
Il veut le roi, la reine et le dauphin.
Quand on passe dans les villages,
Les femmes hurlent : " à mort l'Autrichienne ".
Les hommes en délire la traitent de chienne.
Je ne dis rien, je comprends leur misère et leur rage.
Alors que nous partons de force aux Tuileries
Sous les insultes et les quolibets,
Le château à Versailles est pillé dès notre sortie.
Je vois les meubles et les tableaux par les fenêtres jetés.
La terreur règne partout dans Paris.
Je rassure la reine sur les propos de Danton.
Les bandes armées cernent déjà les Tuileries,
En criant : " à bas le roi ! Le gros cochon ".
L'insurrection renversa Louis XVI
Et fit son procès,
Je n'en croyais pas mes yeux. Foutaise!
Le peuple se réjouissait de l'avoir guillotiné.
Quelques jours plus tard, on nous emmène au Temple, je suis dépitée.
Marie-Antoinette, ma reine, avec ses habits de deuil
Et son bonnet de femme du peuple est brisée, ridiculisée.
Puis ce sera le transfert à la Conciergerie, et quel accueil !
La veuve Capet
Comme on l'appelait,
Est accusée, et doit payer.
Condamnée à mort, à l'unanimité.
Je comprends que c'est la fin. Je reste à ses côtés.
Je vois les jurés aller à la buvette du tribunal
Pour un repas qu'on leur a préparé.
Procès d'une reine ! Ma fois pour eux c'est presque banal !
16 octobre 1793, je la regarde dans la charrette
Qui la conduit à l'échafaud. Un dernier regard elle me jette.
Un citoyen lui offre malgré tout un verre d'eau,
Et la voilà montant les marches vers le bourreau.
Quelques minutes de silence, le couperet tombe.
J'entends un bruit sec, je ferme les yeux.
Pour moi, c'est l'hécatombe.
La foule rassemblée crie : " sacrebleu! ".
Puis on entend le cri civique
" Vive la République, vive la République "