jackharris
Nouveau poète
La culture
Quand l’emploi de ce mot noble qu’est la culture
Se surprend à rimer avec le mot ordure
Vous comprendrez dès lors que seul peut s’extasier
Un esprit perverti nageant dans le fumier.
Et pourtant il en est. Ils sont même nombreux
Les snobinards pervers qui trouvent devant eux
Des "œuvres" où même un chien n’irait pisser dessus
Tellement c’est affreux, insensé et confus.
Comme ils prolifèrent à un rythme infernal
Les soit-disant "artistes" au talent si génial
Qui ignorent pourtant la beauté, l’harmonie,
La sensibilité qui conduit au génie.
Ils puisent leur talent dans la facilité
Tant qu’un mécène est là pour leur notoriété
Et qu’il sera aisé de trouver un critique
Qui donnera un sens sur le plan "artistique".
Mais l’Artiste, le vrai, qui souffre pour son art,
Qui pour se concentrer doit rester à l’écart,
En subissant la faim et le froid de l’hiver
Supporte pour son œuvre un véritable enfer.
Car l’Artiste, le vrai, refuse la souillure
Que procure l’argent avec sa démesure,
Même si, pour cela, il endure un martyre
L’amour de son travail est pour lui un collyre.
Qu’importe les honneurs qui vont aux prétentieux
Qui vendent leurs salades à des prix très coûteux
Auprès d’individus qui, sans discernement,
Ne voient dans l’œuvre d’art qu’un simple placement.
Il y a, quelque part, un effet d’injustice
Puisque est privilégié sous le meilleur auspice
Ce qui est présenté comme une création
Puisque l’art se réduit à de l’innovation.
L’art classique pourtant doit survivre à la mode
Où on loue tout d’un rien tellement c’est commode,
Les hommes de talents sont toujours dans la lune
Et on les reconnaît qu’à seul titre posthume.
Extrait de "Vagabondage" 2007