Scène du Fou (le Fou, Annie et Pierrot) Le fou sur scène, ficellairement prisonnier du narrateur et de sa propre folie, marmonne, bougonne, grommelle… PIERROT – Bonjour, nous aurions besoin d’un petit renseignement… ? LE FOU – Je l’aime tu sais…si tu savais comme je l’aime. ANNIE – Excuse-moi, Monsieur, nous aurions besoin d’un petit renseignement ? LE FOU – Je n’en peux plus, je la supporte plus, je la hais. A ET P – Nous cherchons un ami de la princesse, c’est elle qui nous envoie. Il revient d’un monde lointain mais, d’après les dires, il y a laissé son esprit… LE FOU – Sur un ton agressif Si vous saviez comme je l’aime, elle est si belle, je l’aime ! ANNIE – Pardon ? LE FOU - Sur un ton amoureux Je la hais, elle est laide, elle sent mauvais, je la déteste ! PIERROT – Comment ? LE FOU – Oui ANNIE – Hein ? LE FOU – Non, enfin presque… Je la connais, elle est belle ma ville. Dans ma tête, horrible. J’y étais et j’y suis. Il suffit juste de fermer les yeux, de l’imaginer et on y est. Qu’elle est belle ma ville, horrible ville… Qu’elle est belle ma ville, que ma vie est belle. Et dans ma tête brille ce génie d’étincelles Qui m’interpelle, me rappelle, que je l’aime. Une vicieuse indécente et des cadences décadentes Calibrés corrompus, et ça pue dans les rues. Trop de lumières à ma vue, ce boucan, ce raffut Je n’en peux plus. Qu’elle est belle ma ville, que ma ville est belle Eperdu dans ma tête, un brin barjot j’accepte Tout par amour, mon esprit prisonnier de ses tours Feux d’artifices de bruit tordus Dans les rues ca brille et j’ai pu voir Les babines d’un babouin débile Qui transportait un arrosoir. Allez savoir… Mais le soir. Ruelles clandestines. On peut voir. Saltimbanques qui s’obstinent. Instruments d’infortune cabossés. Des croque-notes sans accord en fanfare d’illuminés. L’infidèle citadelle, la frivole acropole A fait de vous, a fait de nous, des idiots aux idées folles Soyez les bienvenus dans votre immonde. Fripouilles, rentrez dans la ronde. "La Chanson du fou chantant qui chante sur la chanson" Ibicrate, pour la Compagnie Aime les Sucettes