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L’encrier du passé..

ludewic

Nouveau poète
C’est drôle si l’on m’avait dit qu’à mon âge avancé
Je serai toujours entrain d’écrire des mots du passé
Relatant des histoires à dormir debout
A ressasser inlassablement des instants fous
J’aurai sans doute pouffer de rire
Et traiter d’idiot le malin plaisantin..
Pourtant il aurait eu raison, le passé est un délire
Une errance, un voyage dans le temps, une sorte de pénitence
Un tourment qui hante le présent qu’il soit heureux ou malsain
Un spectre qui plane au-dessus des têtes soufflant le froid glacial
Des histoires inachevées, ces fantômes mal enterrés..

Et je suis toujours là près de ces prés
Où j’ai accouché de mes premières rimes, expressions moins faciales
Des sensations étranges que le monde dans sa sauvagerie
M’offrait avec la plus grande générosité,
Et je suis toujours là à noircir les pages blanches
De mon existence qui tel un bateau ivre
Ecume solitairement les océans du laisser-vivre..

J’ai aussi fait ma traversée de la manche
Avec une plume qui a pris comme moi de l’âge
Se moquant des folles prétentions des débuts enthousiastes
Je ne suis plus qu’un Che lessivé, une sorte de vieux ecclésiaste
Qui se rit des révolutions des cœurs, de ces nouveaux visages
Trop limpides trop naïfs trop sages..

Je me souviens encore des soirées à imiter le génie de Lamartine
Pour offrir des rimes libertines à cette douce amie, Martine
Qui d’ailleurs n’a jamais rien compris à la poésie
Avec cette lumière dans le regard elle m’inspirait des folies,
Quand je lui disais « tu es ma Muse »
Elle souriait et répondait « Davy tu m’amuses »
Finalement elle succomba aux illusions d’un loubar
Qui lui fit chavirer le cœur dans une mer de larmes
Martine ou ma première guillotine, celle qui me trancha l’âme
Et me poussa dans les bras de Baudelaire et de Poe Edgar
Depuis j’ai perdu le sourire comme le Penseur de Rodin..

Plus jeune je me suis pris trop souvent pour le dieu Odin
Immortel et tout-puissant, régnant dans un vaste univers
Un univers de mots, de figures de style, pris à l’endroit ou à l’envers
Jouant avec les lettres et faisant trembler les cieux des profanes
J’ai aimé écrire les yeux de Véronique, de Tina, de Diane
De ces passantes qui dans le couloir de la destinée m’ont effleuré
Un instant pour mieux s’évanouir à jamais vers un ailleurs
Où malheureusement je ne suis jamais allé..
Le temps s’enfuit en emportant les pétales de nos fleurs
Seuls leurs parfums dans nos esprits demeurent
Comme pour nous dire que nous n’avons pas totalement rêvés..

Aujourd’hui, avec quelques rides de maturité
Une fille et une famille à protéger
Des millions de maux que les mots ne suffisent plus à décrire
Des douleurs plus intenses que les peines de cœur
Des souffrances si atroces qu’on ose plus les dire
Des violences et des déchirures si cruelles que certains en meurent
Aujourd’hui, avec mes vers assagis je construis l’humain
Pour les générations futures et pour que survive demain..
 
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