Filiatus
Maître Poète
Ami lecteur, point d'équivoque !
Je ne suis pas fan de Bonnot
Mais admirant la Belle Époque
Ma joie peut dépasser les mots
Les premières automobiles
La Tour Eiffel et ses badauds
J'adore ces années tranquilles
Bonnot n'est qu'une ombre au tableau
En mil huit cent soixante-seize
Naît dans un village du Doubs
En octobre, un vendredi treize
De Joseph, un homme très doux
Jules Bonnot, encore sage
Que sa mère gâte souvent
Elle meurt à la fleur de l'âge
À son troisième accouchement
Alors changement d'attitude
Le gosse devient renfrogné
Il paresse dans ses études
Il est violent et effronté
On le met en apprentissage
Mais il n'est pas très motivé
Il préfère le tabassage
Dans les guinguettes du quartier
Il est connu de la police
Qui le met souvent en cellule
Puis s'en va faire son service
Pendant trois années, c'est la bulle
À vingt-cinq ans il se marie
Avec une fille du coin
En espérant cette fois-ci
Qu'il retrouve le droit chemin
Il tente bien de s'assagir
De ne plus cogner sur les gens
D'avoir un enfant à chérir
De trouver un emploi décent
Mais rapidement tout s'écroule
Le bébé meurt, la femme pleure
Jules Bonnot se met en boule
Et assomme ses employeurs
Plus de boulot, femme partie
Avec son plus fidèle ami
Jules Bonnot se réfugie
Dans la plus vulgaire anarchie
Il commet des cambriolages
Il perfore des coffres-forts
Il réalise des braquages
Avec un minimum d'effort
Il s'achète une automobile
Pour mieux effectuer son boulot
Tandis que les sergents de ville
N'ont qu'un cheval ou un vélo
À la fin de mil neuf cent dix
Bonnot est enfin arrêté
Pour avoir occis un complice
Mais on ne peut pas le prouver
L'année suivante, il s'associe
Avec des gars sans complaisance
Issus du journal "L'Anarchie"
Parmi lesquels "Raymond la Science"
Le mois d'après, les malfaiteurs
Tassés dans une limousine
Guettent un garçon-encaisseur
Qu'ils agressent et assassinent
La bande poursuit son périple
De braquages à main armée
Faisant des victimes multiples
De civils et de policiers
On les trouve à Gand, en Belgique
Trucidant un veilleur de nuit
À Paris, abattant un flic
Pour une poignée de radis
À la Société Générale
De Chantilly, ça tourne mal
Ils tuent un gendarme à cheval
Pour un butin de mille balles
C'est dans la banlieue parisienne
Que Bonnot se fait repérer
Tout d'abord à Ivry-sur-Seine
Il s'en tire, quoique blessé
Quelques jours plus tard, la police
Le retrouve à Choisy-le-Roi
Logeant chez un de ses complices
Le garagiste Jean Dubois
Les forces de l'ordre l'enjoignent
De se rendre les mains en l'air
Mais pour ne pas finir au bagne
Ou donner sa tête à Deibler
Il tire sur les "hirondelles"
Puis rentre précipitamment
Écrire au clair d'une chandelle
Une sorte de testament
Aussi la police en profite
Pour jeter sur le bâtiment
Quelques bâtons de dynamite
Blessant Bonnot grièvement
Il lui reste encore la force
De terminer son manuscrit
Puis bombant fièrement le torse
Il hurle : "Vive l'anarchie !"
Dans l'ambulance qui l'emmène
Vers l'Hôtel-Dieu, trop lentement
Il meurt d'une façon soudaine
Il aurait dû être au volant
Je ne suis pas fan de Bonnot
Mais admirant la Belle Époque
Ma joie peut dépasser les mots
Les premières automobiles
La Tour Eiffel et ses badauds
J'adore ces années tranquilles
Bonnot n'est qu'une ombre au tableau
En mil huit cent soixante-seize
Naît dans un village du Doubs
En octobre, un vendredi treize
De Joseph, un homme très doux
Jules Bonnot, encore sage
Que sa mère gâte souvent
Elle meurt à la fleur de l'âge
À son troisième accouchement
Alors changement d'attitude
Le gosse devient renfrogné
Il paresse dans ses études
Il est violent et effronté
On le met en apprentissage
Mais il n'est pas très motivé
Il préfère le tabassage
Dans les guinguettes du quartier
Il est connu de la police
Qui le met souvent en cellule
Puis s'en va faire son service
Pendant trois années, c'est la bulle
À vingt-cinq ans il se marie
Avec une fille du coin
En espérant cette fois-ci
Qu'il retrouve le droit chemin
Il tente bien de s'assagir
De ne plus cogner sur les gens
D'avoir un enfant à chérir
De trouver un emploi décent
Mais rapidement tout s'écroule
Le bébé meurt, la femme pleure
Jules Bonnot se met en boule
Et assomme ses employeurs
Plus de boulot, femme partie
Avec son plus fidèle ami
Jules Bonnot se réfugie
Dans la plus vulgaire anarchie
Il commet des cambriolages
Il perfore des coffres-forts
Il réalise des braquages
Avec un minimum d'effort
Il s'achète une automobile
Pour mieux effectuer son boulot
Tandis que les sergents de ville
N'ont qu'un cheval ou un vélo
À la fin de mil neuf cent dix
Bonnot est enfin arrêté
Pour avoir occis un complice
Mais on ne peut pas le prouver
L'année suivante, il s'associe
Avec des gars sans complaisance
Issus du journal "L'Anarchie"
Parmi lesquels "Raymond la Science"
Le mois d'après, les malfaiteurs
Tassés dans une limousine
Guettent un garçon-encaisseur
Qu'ils agressent et assassinent
La bande poursuit son périple
De braquages à main armée
Faisant des victimes multiples
De civils et de policiers
On les trouve à Gand, en Belgique
Trucidant un veilleur de nuit
À Paris, abattant un flic
Pour une poignée de radis
À la Société Générale
De Chantilly, ça tourne mal
Ils tuent un gendarme à cheval
Pour un butin de mille balles
C'est dans la banlieue parisienne
Que Bonnot se fait repérer
Tout d'abord à Ivry-sur-Seine
Il s'en tire, quoique blessé
Quelques jours plus tard, la police
Le retrouve à Choisy-le-Roi
Logeant chez un de ses complices
Le garagiste Jean Dubois
Les forces de l'ordre l'enjoignent
De se rendre les mains en l'air
Mais pour ne pas finir au bagne
Ou donner sa tête à Deibler
Il tire sur les "hirondelles"
Puis rentre précipitamment
Écrire au clair d'une chandelle
Une sorte de testament
Aussi la police en profite
Pour jeter sur le bâtiment
Quelques bâtons de dynamite
Blessant Bonnot grièvement
Il lui reste encore la force
De terminer son manuscrit
Puis bombant fièrement le torse
Il hurle : "Vive l'anarchie !"
Dans l'ambulance qui l'emmène
Vers l'Hôtel-Dieu, trop lentement
Il meurt d'une façon soudaine
Il aurait dû être au volant