Filiatus
Maître Poète
Heureux qui comme… Du Bellay
A écrit un si beau poème
Que chaque gamin apprenait
En cinquième où en quatrième
Cet hommage au bon vieil Ulysse
Fait du ci-devant Joachim
Avec Ronsard, son vieux complice
L'égal des plus grands Italiens
Joachim et non Joakim
Naît peu-après mil cinq cent vingt
Du Bellay est son patronyme
Et son patois est angevin
Ses parents sont de la noblesse
Son père est seigneur de Gonnord
Ce n'est pas la grande richesse
Mais ça donne un certain confort
Malheureusement à dix piges
Ses deux parents perdent la vie
Son entourage le néglige
Seul avec son frère il survit
Malgré sa longue solitude
Il devient un bon écolier
Et à Poitiers suit ses études
Dans la grande université
Là-bas il fait la connaissance
Des amoureux des "Quatre z'arts"
Venus des quatre coins de France
Dont un certain Pierre Ronsard
Ils se retrouvent au collège
De Coqueret, sis à Paris
Dont ils établissent le siège
De leur pléiade d'érudits
Cette brigade intellectuelle
Instaure un pacte collectif
Que signent Étienne Jodelle
Et Jean Antoine de Baïf
Promouvoir la langue de France
Comme le veut le roi Henri
Dans l'italienne Renaissance
C'est là leur principal défi
Pour satisfaire son monarque
Joachim crée des poésies
Imitant l'Italien Pétrarque
Pour faire rire ses amis
À trente ans il s'installe à Rome
Près de son oncle, cardinal
Mais très vite le pauvre homme
S'ennuie de son Anjou natal
Aussi écrit-il des poèmes
De bien nostalgiques sonnets
À toutes les âmes qu'il aime
Qu'il intitule "Les Regrets"
Peu à peu il tombe malade
Et devient de plus en plus sourd
Il est arrivé à un stade
Où l'on procède à son retour
Dans le quartier de Notre-Dame
Sur l'île, au centre de Paris
Il s'installe le vague à l'âme
Chez Claude De Bize, un ami
En mil cinq cent cinquante-huit
Fiévreux mais encor vaillant homme
Il écrit, puis on lui édite
Un livre sur l'antique Rome
Las, point de grâce souveraine
Pour couvrir de fleurs son recueil
Le roi d'une façon soudaine
Est mort d'un javelot dans l'œil
Six mois plus tard, c'est à son tour
De partir pour un long voyage
Mais un voyage sans retour
Ulysse en eut-il pris ombrage ?
A écrit un si beau poème
Que chaque gamin apprenait
En cinquième où en quatrième
Cet hommage au bon vieil Ulysse
Fait du ci-devant Joachim
Avec Ronsard, son vieux complice
L'égal des plus grands Italiens
Joachim et non Joakim
Naît peu-après mil cinq cent vingt
Du Bellay est son patronyme
Et son patois est angevin
Ses parents sont de la noblesse
Son père est seigneur de Gonnord
Ce n'est pas la grande richesse
Mais ça donne un certain confort
Malheureusement à dix piges
Ses deux parents perdent la vie
Son entourage le néglige
Seul avec son frère il survit
Malgré sa longue solitude
Il devient un bon écolier
Et à Poitiers suit ses études
Dans la grande université
Là-bas il fait la connaissance
Des amoureux des "Quatre z'arts"
Venus des quatre coins de France
Dont un certain Pierre Ronsard
Ils se retrouvent au collège
De Coqueret, sis à Paris
Dont ils établissent le siège
De leur pléiade d'érudits
Cette brigade intellectuelle
Instaure un pacte collectif
Que signent Étienne Jodelle
Et Jean Antoine de Baïf
Promouvoir la langue de France
Comme le veut le roi Henri
Dans l'italienne Renaissance
C'est là leur principal défi
Pour satisfaire son monarque
Joachim crée des poésies
Imitant l'Italien Pétrarque
Pour faire rire ses amis
À trente ans il s'installe à Rome
Près de son oncle, cardinal
Mais très vite le pauvre homme
S'ennuie de son Anjou natal
Aussi écrit-il des poèmes
De bien nostalgiques sonnets
À toutes les âmes qu'il aime
Qu'il intitule "Les Regrets"
Peu à peu il tombe malade
Et devient de plus en plus sourd
Il est arrivé à un stade
Où l'on procède à son retour
Dans le quartier de Notre-Dame
Sur l'île, au centre de Paris
Il s'installe le vague à l'âme
Chez Claude De Bize, un ami
En mil cinq cent cinquante-huit
Fiévreux mais encor vaillant homme
Il écrit, puis on lui édite
Un livre sur l'antique Rome
Las, point de grâce souveraine
Pour couvrir de fleurs son recueil
Le roi d'une façon soudaine
Est mort d'un javelot dans l'œil
Six mois plus tard, c'est à son tour
De partir pour un long voyage
Mais un voyage sans retour
Ulysse en eut-il pris ombrage ?