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jeunesse bohémienne

delfinarella

Poète libéré
Je n’ai connu de vous que les faces obscures
Mais, par le sang du Christ, comme nous avons ri
A vivre chaque jour une belle aventure
A jouir de l’instant comme il n’est pas permis

Funambules fervents aux vies en équilibre
Oscillant doucement aux confins de la nuit
Jeunes, insouciants, mais toujours l’esprit libre
Nous avons provoqué sans en être punis

L’époque se prêtait à ces expériences
Nous avons profité en jouant les héros
Issus de séries B qui berçaient notre enfance
Tarzan, Ivanhoé, Rocambole ou Zorro

Escaladant la nuit de sombres citadelles,
Délestant les rayons de pains au chocolat,
Nous cachant pour fumer aux recoins des ruelles
Chantant à tue-tête quand le soleil est bas,

Faire peur aux « bourgeois », les cheveux en bataille,
Faire pétarader nos superbes « Guzzi »
Eux, ils fronçaient le nez, nous traitant de « Canaille »
« Gibier de potence » et autres mots gentils

La Morale voudrait que le remords m’inonde
Et que je fasse ici acte de contrition
Mais nous avons tant ri en découvrant le « monde »
Que cet aveu nous vaut totale absolution !
 
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