Filiatus
Maître Poète
À l'heure ou j'écris ce poème
Madame Weber vit encore
Alors pourquoi faire quand même
Sa biographie sans sa mort ?
Je réponds à ceux qui s'étonnent
Qu'il s'agit de deux homonymes
L'une est vivante, c'est Simone
Et c'est Jeanne que je ranime
Son père est un simple pêcheur
Qui vend son poisson à Paimpol
Avec Jeanne encore mineure
Ce qui lui fait manquer l'école
Peu faite pour les bancs scolaires
Peu douée pour les bancs de harengs
Elle quitte ses père et mère
Pour la Capitale, à treize ans
Installée à la Goutte-d'Or
Elle vit de petits boulots
Elle n'a pas vingt ans encore
Lorsqu'elle rencontre Jeannot
Ce Jean Weber, son Adonis
N'est qu'un alcoolique Apollon
Qui, s'il ne lui donne son vice
Pour la vie lui donne son nom
Après deux années de mariage
La Jeanne a déjà deux enfants
Mais, fatalité ou présage
Il meurent tous deux brusquement
À vingt-neuf ans, ayant la garde
Nourricière de deux boutchoux
L'un d'eux trépasse par mégarde
Avec des marques sur le cou
Mais le docteur ne les remarque
Et ordonne l'inhumation
Quand avec d'identiques marques
Décède un autre nourrisson
Le docteur toujours dans la lune
Signe l'acte de mise en terre
Ignorant que les taches brunes
Viennent des doigts de la mégère
Culotée, Jeanne Weber ose
Manifester son désespoir
Troublé son frère lui propose
De garder sa fillette un soir
Il n'en faut pas plus à la gore
Pour renouveler sa folie
Sa nièce décède à l'aurore
Parait-il d'une diphtérie
Quelques jours plus tard, elle invite
Une amie pour prendre le thé
Accompagnée de sa petite
Qui va dans la chambre pour jouer
La mère part faire une course
Mais à son retour, elle explose
Sa fille gît près de son ours
La gorge tâchée d'ecchymoses
La scène est d'autant plus atroce
Que la Jeanne Weber, en nage
Est raide debout sur la gosse
Une expression folle au visage
La mère dépose une plainte
Un procès s'ouvre peu-après
Et d'une naïveté feinte
Elle réfute ses forfaits
Son avocat est si sublime
Qu'il décroche l'acquittement
Faisant passer presque en victime
La pauvre gardienne d'enfants
Relâchée, l'ancienne mégère
Part s'installer à Châteauroux
Chez un agriculteur, père
D'un fils dont elle est la nounou
Trois jours après son arrivée
Le gamin est retrouvé mort
Jeanne Weber est arrêtée
Mais un juge l'acquitte encore
Chez des humanistes, recluse
Dans une "maison de l'enfant"
À quatre pattes, elle s'use
À lessiver les couloirs blancs
Cependant, c'était prévisible
Le monstre étrangle un locataire
Et, bien que face au crime horrible
On veuille étouffer cette affaire
La police arrête la bête
Mais la justice refusant
À ouvrir de nouveau l'enquête
La fait interner sur le champs
Libérée, car n'étant pas folle
Elle part pour la Capitale
Là, vagabonde, elle racole
Et se retrouve à l'hôpital
Bientôt elle rencontre un homme
Qui lui fait partager sa vie
Auguste Poirot, il se nomme
Et tient un bouge à Commercy
Un peu plus tard elle est surprise
Dans la chambre de son gamin
Lui serrant le col de chemise
Le sang lui coulant sur les mains
C'en est trop pour dame Justice
Qui, pour éviter un recours
Envoie dans un obscur hospice
La folle y terminer ses jours
Devait-on la mettre à l'asile
Ou bien la condamner à mort ?
En tout cas est morte tranquille
L'Ogresse de la Goutte-d'Or
Madame Weber vit encore
Alors pourquoi faire quand même
Sa biographie sans sa mort ?
Je réponds à ceux qui s'étonnent
Qu'il s'agit de deux homonymes
L'une est vivante, c'est Simone
Et c'est Jeanne que je ranime
Son père est un simple pêcheur
Qui vend son poisson à Paimpol
Avec Jeanne encore mineure
Ce qui lui fait manquer l'école
Peu faite pour les bancs scolaires
Peu douée pour les bancs de harengs
Elle quitte ses père et mère
Pour la Capitale, à treize ans
Installée à la Goutte-d'Or
Elle vit de petits boulots
Elle n'a pas vingt ans encore
Lorsqu'elle rencontre Jeannot
Ce Jean Weber, son Adonis
N'est qu'un alcoolique Apollon
Qui, s'il ne lui donne son vice
Pour la vie lui donne son nom
Après deux années de mariage
La Jeanne a déjà deux enfants
Mais, fatalité ou présage
Il meurent tous deux brusquement
À vingt-neuf ans, ayant la garde
Nourricière de deux boutchoux
L'un d'eux trépasse par mégarde
Avec des marques sur le cou
Mais le docteur ne les remarque
Et ordonne l'inhumation
Quand avec d'identiques marques
Décède un autre nourrisson
Le docteur toujours dans la lune
Signe l'acte de mise en terre
Ignorant que les taches brunes
Viennent des doigts de la mégère
Culotée, Jeanne Weber ose
Manifester son désespoir
Troublé son frère lui propose
De garder sa fillette un soir
Il n'en faut pas plus à la gore
Pour renouveler sa folie
Sa nièce décède à l'aurore
Parait-il d'une diphtérie
Quelques jours plus tard, elle invite
Une amie pour prendre le thé
Accompagnée de sa petite
Qui va dans la chambre pour jouer
La mère part faire une course
Mais à son retour, elle explose
Sa fille gît près de son ours
La gorge tâchée d'ecchymoses
La scène est d'autant plus atroce
Que la Jeanne Weber, en nage
Est raide debout sur la gosse
Une expression folle au visage
La mère dépose une plainte
Un procès s'ouvre peu-après
Et d'une naïveté feinte
Elle réfute ses forfaits
Son avocat est si sublime
Qu'il décroche l'acquittement
Faisant passer presque en victime
La pauvre gardienne d'enfants
Relâchée, l'ancienne mégère
Part s'installer à Châteauroux
Chez un agriculteur, père
D'un fils dont elle est la nounou
Trois jours après son arrivée
Le gamin est retrouvé mort
Jeanne Weber est arrêtée
Mais un juge l'acquitte encore
Chez des humanistes, recluse
Dans une "maison de l'enfant"
À quatre pattes, elle s'use
À lessiver les couloirs blancs
Cependant, c'était prévisible
Le monstre étrangle un locataire
Et, bien que face au crime horrible
On veuille étouffer cette affaire
La police arrête la bête
Mais la justice refusant
À ouvrir de nouveau l'enquête
La fait interner sur le champs
Libérée, car n'étant pas folle
Elle part pour la Capitale
Là, vagabonde, elle racole
Et se retrouve à l'hôpital
Bientôt elle rencontre un homme
Qui lui fait partager sa vie
Auguste Poirot, il se nomme
Et tient un bouge à Commercy
Un peu plus tard elle est surprise
Dans la chambre de son gamin
Lui serrant le col de chemise
Le sang lui coulant sur les mains
C'en est trop pour dame Justice
Qui, pour éviter un recours
Envoie dans un obscur hospice
La folle y terminer ses jours
Devait-on la mettre à l'asile
Ou bien la condamner à mort ?
En tout cas est morte tranquille
L'Ogresse de la Goutte-d'Or
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