kinkin
Maître Poète
A la retraite méritée depuis deux ou trois années
Mon Jean Jean dans son appartement doit s’emmerder
Par le boulot de concierge de sa femme, ils sont logés
La vie est belle pas d’enfants, pas de loyer a payer
Pas de bouffe à faire, le travail fournit les repas
Et comme, il ne sait rien faire de ses huit doigts
Il en a oublié deux à son boulot dans un tour à bois
Un jour, il se promène avec son chien Nestor Burma
Non pas qu’il est fan du détective mais son chien a du flair
De Mars à Septembre, il part à Fort Mahon vivre à la mer
Pour une vie de pacha dans leur mobil-home secondaire
Comme sa femme bosse, il part seul en célibataire
Pendant l’hiver ensoleillé, il fait des sorties en vélo
Dans son équipement moule boules couleur fluo
Lunette, bandana, gants, gourde attirail de pro
Sa femme se pâme devant lui < Qu’est-ce qu’il est beau >
Actuellement quand le temps le permet il joue aux boules
Sur le parking du camping-car comme il n’y a pas foule
Il tire seul avec un chiffon pour essuyer ses sphères qui roulent
Elles brillent comme des oeufs sortis du cul de la poule
Il a même un aimant au bout d’une ficelle pour les ramasser au sol
Il a fière allure avec son look de jeune premier de séminole
Une plume d’indien à son oreille avec le vent, elle vole
Sa coupe rasée sur les côtés, une queue de cheval qui s’affole
Il arpente le terrain vague fait des pauses pour parler aux passants
Parle de tout et de rien dégueule sur l’un sur l’autre, un de ses passe-temps
Ferme un œil, vise merde raté dans le carreau du dernier camping-car restant
Sa partie de pétanque en solo se termine accompagnée de mots croustillants
Il rentre chez lui met les pieds pantouflés sous la table juste avant midi
Attend que sa bonniche lui ramène sa gamelle de pâtes et de rôti
Après le journal télévisé il fait la sieste jusqu’ à trois heures de l’après-midi
Ainsi passent les journées de mon beau Jean Jean qui profite de la vie
J’avais oublié l’année dernière il faisait du badminton dans le club du coin
Mais ça n’a pas duré, ils n’étaient pas très bons ses potes raquette à la main
Et puis à soixante-trois ans, il commence à avoir mal au dos et ne vois plus bien
Sa femme le ménage mon Jean Jean par ci mon Jean Jean par-là elle est aux petits soins
Quand il s’absente trop longtemps la Lolo de son corps tremble
Toute jeune, je crois que c’est lui qu’il l’a dépucelée, il me semble
Unis comme un couple d’oiseaux inséparables qui se ressemble
Comme dit le proverbe à la con et pour la rime, s’assemble