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Jean-Baptiste Carrier revisité (1756-1794)

Filiatus

Maître Poète
S'il est un homme que j'abhorre
Depuis la mort du roi Louis XVI
Celui qui a fait bien du tort
À la Révolution française

Bien pire que Fouquier-Tinville
Supérieur à Joseph Lebon
Le boucher d'Arras et de Lille
Baptiste Carrier est son nom

Cet Auvergnat de pacotille
Naît à Yolet, près d'Aurillac
Dans une discrète famille
Où l'on fête Noël et Pâques

Pendant quinze années il s'obstine
À étudier de tout son cœur
Et vers vingt ans il se destine
Au beau métier de procureur

Vers mil sept cent quatre-vingt-six
Avec Françoise il se marie
Et s'achète vite un office
Pour que leur fils ait un abri

Quand la Révolution éclate
Les offices sont supprimés
Sa situation est délicate
À Aurillac, il doit monter

Il est conseiller au bailliage
Mais cela ne lui suffit pas
En lui monte comme une rage
D'avoir perdu son digne emploi

En mil sept cent quatre-vingt-douze
Lorsque la Convention se crée
Son radicalisme il épouse
Et il est élu député

Comme il est très bon orateur
Il devient vite un grand tribun
Haï par les conservateurs
Admiré par les Jacobins

Lors, il est nommé commissaire
Et vote pour la mort du roi
Il n'est plus révolutionnaire
Il est un répandeur d'effroi

Durant l'été quatre-vingt-treize
Carrier est chargé de mission
Dans la périphérie nantaise
Pour mater une rébellion

Les prisonniers affluent en masse
Entre les griffes du tyran
Et meurent dans des salles basses
Sans connaître de jugement

Puis, comme trop grand est le nombre
Carrier les fait tous fusiller
Ou bien noyer dans les eaux sombres
De la Loire de sang baignée

Pendant deux ans ce fou réprime
Dans la torture et dans le sang
Entre huit et neuf mil victimes
Dont une moitié d'innocents

Et pour sanctionner leur famille
Il fait détruire leur maison
Sans que personne ne sourcille
Le plus fort a toujours raison

Mais à Paris, les choses bougent
Nombre de têtes sont tombées
Aussi les terroristes rouges
Veulent Carrier pour les guider

Lors, il est nommé Secrétaire
Et s'ingénie d'entrée de jeu
À faire chuter Robespierre
Le 9 thermidor de l'An 2

Cependant la ville de Nantes
Dénonce aux blancs Thermidoriens
Les violences et l'épouvante
Que leur fit subir le vaurien

Après une rapide enquête
Carrier est enfin arrêté
Et au tribunal il s'entête
À dire qu'il était forcé

S'il est devenu sanguinaire
C'était la faute au roi de France
Qui ne connaissait que la guerre
Apportant misère et souffrance

Et le chagrin qui en découle
Il le noyait dans la boisson
Puis s'étant gorgé tout son soûl
Il noyait son opposition

Sa défense est si maladroite
Que les jurés presque amusés
Condamne l'odieux psychopathe
À avoir la tête tranchée

Après Danton et Robespierre
Carrier monte sur l'échafaud
En insultant la terre entière
Mais de ses torts, il ne dit mot
 
ha! ça ira, ça ira,
vont même très bien tes mots
 
Bel écrit sur un homme dont je ne connaissais même pas le nom.
Merci de ce partage
Amicalement
Gaby
 
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