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JE SUIS POUR LE TERRORISME

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Poète libéré
De terrorisme on nous accuse Si nous osons prendre défense De notre femme et de la rose Et de l'azur et du poème Si nous osons prendre défense D'une patrie sans eau sans air D'une patrie qui a perdu Sa tente et sa chamelle Et même son café noir. De terrorisme on nous accuse Si nous osons prendre défense De la crinière De la reine de Saba Des lèvres de Maysoun Des noms de nos plus belles filles, Du khol qui de leurs cils En pluie retombe Comme une chose révélée. Certes vous ne trouverez pas En ma possession De poésie secrète Ni de parler énigmatique Ou des ouvrages clandestins, Et par devers moi je ne garde Aucun poème traversant La rue, caché derrière son voile. De terrorisme on nous accuse Quand nous décrivons les dépouilles D'une patrie Décomposée et dénudée Et dont les restes en lambeaux Sont dispersés aux quatre vents…, D'une patrie Cherchant son adresse et son nom… D'une patrie ne conservant De ses antiques épopées Que les élégies de Khansa…, D'une patrie Où ni le rouge, ni le jaune, ni le vert Ne teignent plus les horizons…, D'une patrie qui nous défend D'écouter les informations Ou d'acheter quelque journal…, D'une patrie où les oiseaux Sont censurés dans leurs chansons, D'une patrie où, terrifiés, Les écrivains ont pris le pli D'écrire la page du néant…, D'une patrie Qui ressemblerait dans sa forme A la poésie Dans notre pays Sorte de langage égaré Improvisé Sans aucun lien avec les êtres Sans aucun lien avec leur terre Ni avec les problèmes Dans lesquels ils se débattent vainement, D'une patrie allant pieds nus Et sans aucune dignité Vers la paix négociée… D'une patrie Où les hommes pris de panique Ont fait pipi dans leurs culottes Et où ne restent que les femmes. Le sel amer est dans nos yeux Et sur nos lèvres, Il est dans nos propres propos. Notre âme a-t-elle été touchée De stérilité héritée Léguée par la tribu Kahtane. Dans notre nation, Il n'y a plus de Mu'awya Plus de Abu Sufiane Plus personne pour crier "Gare" ! A la face de ceux qui ont abandonné A autrui notre foyer Et notre huile et notre pain Transformant notre maison Si heureuse en capharnaum. Il ne reste plus rien de notre poésie Qui n'ait sur le lit sur tyran Perdu sa virginité. Du mépris nous avons pris Le pli de l'habitude. Que reste-t-il donc de l'homme Lorsqu'il s'habitue au mépris ? Je recherche dans les feuilles de l'Histoire Usaman Ibn Munkid Okba Ibn Nafi', Je recherche Omar, Je recherche Hamza, Et Khalid chevauchant Vers la Grande Syrie, Je recherche al Mu'tacim Sauvant les femmes De la barbarie des envahisseurs Et des furies des flammes, Je recherche dans ce siècle attardé Et ne trouve dans la nuit Que des chats apeurés Craignant pour leur personne Le pouvoir des souris. Avons-nous été atteints De nationale cécité ? Ou bien tout simplement Souffrons-nous de daltonisme ? De terrorisme on nous accuse Quand nous refusons notre mort Sous les râteaux israéliens Qui ratissent notre terre Qui ratissent notre Histoire Qui ratissent notre Evangile Qui ratissent notre Coran Et le sol de nos prophètes. Si c'est là notre crime Que vive le terrorisme ! De terrorisme on nous accuse Si nous refusons que les Juifs Que les Mongols et les Barbares Nous effacent de leur main. Oui, nous lançons des pierres Sur la maison de verre Du Conseil de Sécurité Soumis à l'empereur suprême. De terrorisme on nous accuse Lorsque nous refusons De négocier avec les loups Et de tendre nos deux bras A la prostitution. L'Amérique Ennemie de la culture humaine Elle-même sans culture, Ennemie de l'urbaine civilisation Dont elle-même est dépourvue, L'Amérique Bâtisse géante Mais sans murs. De terrorisme on nous accuse Si nous refusons un siècle Où ce pays de lui-même satisfait S'est érigé En traducteur assermenté De la langue des Hébreux.
 
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