je ne sais pas s'il y a des mots de trop sur le devant de ma langue je pose l'inventaire absurde d'une palette colorée chaque jour ouvre la page blanche d'une question où s'installe une calligraphie baroque aux mots de trop je ne sais pas faire le vide d'un éclair sur le chemin je conduis les espaces libres entre mes pas entre mes mains entre mes dents se glissent involontaires parfois les mots à consommer pour la journée vivre du trop-plein du débordement comme le sable file aux clepsydres compte le temps urgence à dire le trop des mots des je ne sais pas encre sur la page les ondes médiocres des échos clarifiés des mots rebondissent en dedans lentement les fêlures tristes osent occuper l'espace de mes entendements je ne sais pas s'il y a des mots de trop juste assez pour vivre le regard posé sur ma main j'écris le mot de trop et j'évide l'espace de mes raisons d'être au corps à corps d'un présent fasciner mots tatillons d'un harcèlement joyeux ils tintinnabulent sur ma salive fraiche ils cristallisent sur la ligne qui avance hardiment j'écris un premier poème