stew
Nouveau poète
Pourquoi voit-on ce prisonnier en larme prendre
Une lame aussi fine qu’une pluie de cendres
Pour jouer du violon sur ses poignets meurtris
D’où jaillit, ruisselle et tombe un rouge flétri ?
Je me souviens des pleurs comme si c'était hier.
Puis un jour de gloire j'ai franchi la barrière.
Je m'en suis allé rejoindre la liberté.
Tout sourire, sans peur, j’ai alors succombé.
Lorsque la tempête des coups se déchaîna,
Il fallait attendre que l'accalmie régnât.
Mes larmes fuirent mes yeux figés par la mort.
Le noir m'embrassait sans gène jusqu'à l'aurore.
J'étais hélas dépendant de cette prison,
Où languissaient le suicide et sa déraison.
Mais mes pensées arrivaient à franchir les murs
Et ainsi rejoindre l'avenir qui murmure.
Je vivais en apnée durant de longues années
Tout en laissant mon regard endeuillé flâner.
Même de brillantes études ne suffisaient.
Je rentrais chaque soir où ma tombe gisait.
Les émotions s'en sont allées avec les cris.
Et depuis, mon âme recherche le répit.
Nul endroit, nul moment où je ne souffre pas.
Même dans les songes, les cauchemars sont là.
J’attends que la mort vienne et me tende ses bras
Pour me réconforter et ne plus être là.
J’enterre mon corps blême auprès de mon poème.
Je suis prêt, emmène-moi, car moi, aïe, je t'aime.
Pourquoi se retrouve-t-il étendu au sol,
Les yeux suivant le firmament d’une boussole,
Un regard qui a désormais hissé les voiles,
Pour rejoindre sereinement sa propre étoile ?