Qui peut se permettre de juger et de condamner autrui? Qui peut savoir ce que autrui ressent sans accepter de le ressentir totalement, sans idée préconçue et en mettant de côté ses propres croyances, ses propres idées sur la vie? Que sait-on de la vie et des véritables intentions des autres qu'on se permet de pointer du doigt, d'accuser et de condamner sans même prendre le temps de les connaître... à fond? Moi, je sais très bien ce que j'ai vécu, les actions que j'ai posée et que je continue de poser et, surtout, je me suis suffisamment questionnée sur mes véritables intentions pour avoir le droit d'évaluer ma vie. Si l'on me demande de porter jugement sur moi-même, je ne peux dire que: Bravo! Malgré tous mes "défauts", toutes mes imperfections et tous mes problèmes, j'ai agi, je n'ai pas attendu, je n'ai pas baissé les bras. Oui, je suis un être imparfait. Oui, j'ai des petites bêtes noires qui trottent encore dans mon coeur. Oui, j'ai parfois eu des idées violentes et des pensées impatientes. Oui, j'ai, moi aussi, eu des jugements injustes vis-à-vis des autres, je les ai vus comme des pauvres cons, aveugles, sourds et muets, je les ai vus comme des brebis que l'on menait à l'abbatoir et qui se laissaient faire sans rien dire. Oui, je les ai traités d'imbéciles, en pensée. Oui, oui, oui à tout cela, je plaide coupable, mille fois coupable... Mais l'adolescente a grandi, elle a pris un peu plus conscience de la vie, elle a vu que tous avaient le droit d'être et d'agir comme ils le choisissaient, parce que c'était la meilleure solution qu'ils ressentaient pour le moment, pour eux. J'ai compris que je n'avais pas à condamner personne, ni même moi-même.