Eléâzar
Maître Poète
Quand l’enfant se blottit entre deux ronds de sein
Parce qu’il sent venir un peu d’inquiétude
Il sait que sa mère a le soin et le dessein
De l’embrasser avec force et mansuétude
Maintenant berger de mon troupeau qui s’affame
J’appelle un agneau et le mont renvoie le son
De ma voix chevrotante et j’entends une femme
Me dire qu’il est temps de changer de chanson
Quand je m’exprimerai le menton tremblotant
Et que mon cœur battra une folle chamade
Je ferai couler dans mon gosier grelottant
La brûlante liqueur qui sera ma pommade
Quand mes yeux crèveront l’œil noir de ma nuit blanche
Peuplée de loups hurlants et d’un monstre cruel
J’essaierai de rêver aux messes du dimanche
Dont je suivais avec entrain le rituel
Quand la pitié aura remplacé la tendresse
Quand la détresse aura creusé et retourné
Des champs de glaise où le blé jamais ne se dresse
Je serai englué dans un sol ajourné
Quand s’étendra le temps du grand recensement
Pour dresser le bilan du sang de mon artère
Je saurai quel mystère est cet encensement
Qui fit la noblesse de mon long magistère
Si ne vibre plus dans ma gorge un diamant
Et si mon chien Rex ne mendie plus ma caresse
Je me séparerai de mon hardi amant
Et je ferai venir la crasse et la paresse
Quand les cordes rouillées railleront ma guitare
Et qu’un pleur de peur bleue effraiera la cithare
Enjouée d’Anne qui baissera son regard
Vitreux d’émotion au chant de mon départ
La vie me dira dis je pars il se fait tard.
Parce qu’il sent venir un peu d’inquiétude
Il sait que sa mère a le soin et le dessein
De l’embrasser avec force et mansuétude
Maintenant berger de mon troupeau qui s’affame
J’appelle un agneau et le mont renvoie le son
De ma voix chevrotante et j’entends une femme
Me dire qu’il est temps de changer de chanson
Quand je m’exprimerai le menton tremblotant
Et que mon cœur battra une folle chamade
Je ferai couler dans mon gosier grelottant
La brûlante liqueur qui sera ma pommade
Quand mes yeux crèveront l’œil noir de ma nuit blanche
Peuplée de loups hurlants et d’un monstre cruel
J’essaierai de rêver aux messes du dimanche
Dont je suivais avec entrain le rituel
Quand la pitié aura remplacé la tendresse
Quand la détresse aura creusé et retourné
Des champs de glaise où le blé jamais ne se dresse
Je serai englué dans un sol ajourné
Quand s’étendra le temps du grand recensement
Pour dresser le bilan du sang de mon artère
Je saurai quel mystère est cet encensement
Qui fit la noblesse de mon long magistère
Si ne vibre plus dans ma gorge un diamant
Et si mon chien Rex ne mendie plus ma caresse
Je me séparerai de mon hardi amant
Et je ferai venir la crasse et la paresse
Quand les cordes rouillées railleront ma guitare
Et qu’un pleur de peur bleue effraiera la cithare
Enjouée d’Anne qui baissera son regard
Vitreux d’émotion au chant de mon départ
La vie me dira dis je pars il se fait tard.