Eléâzar
Maître Poète
La ville entend ses toits faire un raffut d’enfer
Sur les tuiles serrées sous une pluie battante
A l’assaut des chenaux puis les barreaux de fer
Des égouts à bouche haletante et refoulante.
Ciel, façades, habits, esprits, visages gris
Voient-ils les yeux de feu d’une lente voiture
Qui éblouit et fige un hardi mistigri
Traversant une rue avec désinvolture ?
Une feuille esseulée, aplatie, émouvante,
Espère être épargnée en se liant au vent,
Qui, d’un coup de genou, spectacle d’épouvante,
La terrasse, l’envole et part en se sauvant.
Comme est triste mon cœur… Entends-tu triste automne,
Mon sanglot monotone admonester les cieux
D’une voix étranglée au ton morne et atone
Suppliant l’esquisse d’un geste gracieux ?
Et une abeille ambrée dans la nuit s’est posée
Sur mon front soucieux qui cherchait le sommeil
Pour butiner la fleur dorée de ma pensée :
J’étais nu sur les toits, il pleuvait du soleil.
Sur les tuiles serrées sous une pluie battante
A l’assaut des chenaux puis les barreaux de fer
Des égouts à bouche haletante et refoulante.
Ciel, façades, habits, esprits, visages gris
Voient-ils les yeux de feu d’une lente voiture
Qui éblouit et fige un hardi mistigri
Traversant une rue avec désinvolture ?
Une feuille esseulée, aplatie, émouvante,
Espère être épargnée en se liant au vent,
Qui, d’un coup de genou, spectacle d’épouvante,
La terrasse, l’envole et part en se sauvant.
Comme est triste mon cœur… Entends-tu triste automne,
Mon sanglot monotone admonester les cieux
D’une voix étranglée au ton morne et atone
Suppliant l’esquisse d’un geste gracieux ?
Et une abeille ambrée dans la nuit s’est posée
Sur mon front soucieux qui cherchait le sommeil
Pour butiner la fleur dorée de ma pensée :
J’étais nu sur les toits, il pleuvait du soleil.