Judy
Maître Poète
Il était là, debout!
Il était là, debout
Poussé là par hasard,
Il était là, debout
Cime basse, bâtard!
Dans les terres légères
Il avait bien germé
Aux cotés de ses frères
L’Œil encore fermé.
C’était en plein été
Le soleil maquillé
Et la pluie apprêtée
N’avaient pas sourcillé.
Le temps les a langés,
Lentement défroissés
Vers le ciel, louangés;
Lui seul restait poissé.
Il restait là, debout
Le nez dans la pénombre,
Il restait là, debout
Les bras nus qui encombrent.
Qui était donc ce rustre?
Qui l’avait engendré,
Fait de lui ce bois frustre
Était-ce… Destinée?
Qui était donc cette ombre?
Qui tordit fort sa trame,
L’isolant du grand nombre
Faut-il en faire un drame?
Qui fit sa différence,
Que la nuit stigmatise
Malgré sa belle essence,
Forêt où il s’enlise.
Il était là, debout
La verdure incertaine,
Demain sous les à-coups
Redoutés d’une chaine,
Il rejoindra le sol
Du tanin plein sa traine,
Effrayant un torcol
Qui goûtait à ses faînes.
Il rejoindra la plaine
Où patient, l'attend l’art,
Le fau*, mauvaise graine?
Non!…Juste un arbre à part.
Il était là, debout
Poussé là par hasard,
Il était là, debout
Cime basse, veinard!
Judy
Il était là, debout
Poussé là par hasard,
Il était là, debout
Cime basse, bâtard!
Dans les terres légères
Il avait bien germé
Aux cotés de ses frères
L’Œil encore fermé.
C’était en plein été
Le soleil maquillé
Et la pluie apprêtée
N’avaient pas sourcillé.
Le temps les a langés,
Lentement défroissés
Vers le ciel, louangés;
Lui seul restait poissé.
Il restait là, debout
Le nez dans la pénombre,
Il restait là, debout
Les bras nus qui encombrent.
Qui était donc ce rustre?
Qui l’avait engendré,
Fait de lui ce bois frustre
Était-ce… Destinée?
Qui était donc cette ombre?
Qui tordit fort sa trame,
L’isolant du grand nombre
Faut-il en faire un drame?
Qui fit sa différence,
Que la nuit stigmatise
Malgré sa belle essence,
Forêt où il s’enlise.
Il était là, debout
La verdure incertaine,
Demain sous les à-coups
Redoutés d’une chaine,
Il rejoindra le sol
Du tanin plein sa traine,
Effrayant un torcol
Qui goûtait à ses faînes.
Il rejoindra la plaine
Où patient, l'attend l’art,
Le fau*, mauvaise graine?
Non!…Juste un arbre à part.
Il était là, debout
Poussé là par hasard,
Il était là, debout
Cime basse, veinard!
Judy
* hêtre tortillard appelé aussi le fou
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