MES CHEVEUX M’ONT DONNE DU FIL A RETORDRE
hors concours
J’ai toujours laissé au diable les professionnels de salon,hors concours
Les « Figaros » qui coupent les cheveux en quatre avant de les mettre en tortillons,
A moi les cisailles, les bigoudis, les colorants, les décolorations
Et qu’importe pour ce qu’il va advenir à ma toison !
De chevelure baguettes de tambour suis devenue crêpée comme un mouton
Avec un passage en porc épic avec gel bien collant pour mieux hérisser,
Des couleurs j’ai tout tenté, tout essayé
Du rouge géranium flamboyant au bleu roi électrifié,
Du noir corbeau au jaune d’or passant par le vert acidulé,
Orange bien sûr, violet méché de touches argentées,
Ma préférence se portait pour le rose fuchsia…
Ben oui, le ridicule ne tue pas !
Mais à force de me pommader en base d’ammoniac et d’oxygéné
Un beau jour mon crâne n’a su résister…
La vision de mes cheveux s’arrachant comme des poils d’artichauts
M’a entrainé dans un fou rire et j’ai empoigné mes ciseaux…
Sans appel au secours, la tondeuse a fait le reste : rasée à double zéro !
Les regards étaient compatissants : « tu suis une chimio » ?
« Non, j’ai couché avec un schleu de la gestapo ! »
Mais le plus extraordinaire de mes coiffures
8 heures chez une camerounaise pour cette allure :
Des dreadlocks façon Bob Marley
Aux multiples couleurs me convenaient…
Mais dois-je avouer qu’en sortant de chez elle
Je rasais les murs en empruntant les ruelles…
Puis je me suis fait à ce nouveau visage
Pas la peine de me faire des yeux de biche
Dont le rimmel au soleil pleurniche !
Pas même un nuage de fond de teint lumineux,
Tout était dans mes cheveux…
La fleur fanée de l’âge venant, je suis rentrée dans la normalité…
Un blond pétasse à peine bleuté
Adieu mes années folles, je me suis bien amusée
Mais je ne dit pas qu’une mèche rouge ou verte
N’échappera pas à mes mains d’experte…
Je continue toujours à me faire des coupes « maison »
Ignorant la voix de la raison :
« Tu vas encore te massacrer ! »
« Baf, tant pis, ça va repousser ! »
Lorsque j’allais voir ma mère, elle était toujours angoissée…
« Ma fille tu me fais honte ! ce n’est pas ainsi que je t’ai élevée !
Tu ne ressembles à rien sinon à un clown bariolé »…
Mais elle a su reconnaitre non sans fierté
Que beaucoup de femmes m’ont interpelée :
« Quelle est belle votre couleur…oh ! si j’osais »
«Mais il faut tout oser dans la vie, essayez ! »
Je n’ai rien inventé…tout ce que j’ai écris je l’ai fait…en passant aussi par le bleu de méthylène et du jus de betterave….mais quand il pleut, gare aux dégâts !