Filiatus
Maître Poète
Je connaissais les ponts, je connaissais les gares
Je connaissais la Tour, bien sûr, et les hangars
Mais connaissant bien moins l'auteur de ces merveilles
À reconstruire l'œuvre ma plume s'essaye
Les parents de Gustave habitent la Bourgogne
Ils sont mariés depuis bientôt près de dix ans
Mais tardant un peu trop à se mettre en besogne
Le Champs de Mars faillit être sans monument
À la fin de l'hiver mil huit cent trente-deux
Au Castel de Dijon, les vieux époux conçoivent
Pour le bonheur de l'art et le plaisir des yeux
Un beau petit bébé qu'ils appellent Gustave
À onze ans il étudie à la Capitale
Quelques temps après il entre à Polytechnique
Décroche son diplôme à l'École centrale
Puis un job dans une firme métallurgique
Le nouvel ingénieur démontre son brio
En construisant un pont, mieux, une passerelle
Située sur la Garonne, à l'entrée de Bordeaux
Et qu'on appelle encor, la passerelle Eiffel
Puis, c'est à Arcachon qu'il poursuit ses prodiges
Une autre passerelle et un observatoire
Naissent de son cerveau lui donnant tel prestige
Que d'autres grands pays l'accueillent en fanfare
La Hongrie, la Turquie, le Vietnam, le Mexique
L’Espagne et le Pérou, savourent son génie
On retrouve son art, jusques en Amérique
Sous la robe de la « Statue of Liberty »
Et pour l’Exposition qu’on veut Universelle
On demande à Eiffel de construire une tour
Plus fine qu’à Londres, moins haute qu’à Babel
Que le monde viendra admirer nuit et jour
Cet ouvrage, en trois ans, en bordure de Seine
S’élève lentement face à son vieux rival
L’obélisque jaloux qui lui fait une scène
Mais la Dame de fer est d’un autre métal
Fort de ce bel exploit, Gustave s’investit
Dans la construction du canal de Panama
Mais ce projet s’avère être une escroquerie
Et il est condamné et ne s’en remet pas
Il se retire alors du monde des affaires
Et en attendant le verdict en cassation
L’Assemblée nationale lui cause des misères
Et débaptisée sont les rues qui ont son nom
Il consacre sa vie à rajeunir la Tour
Construite pour durer vingt années seulement
Et c’est la TSF qui vient de voir le jour
Qui sauve son enfant du démantèlement
Parallèlement, son équipe inaugure
Des tests en soufflerie concluants et utiles
Pendant la Grande Guerre, il construit des voilures
Des lanceurs, des hélices et des projectiles
En mil neuf cent dix-sept, ses travaux aboutissent
A la conception d'un petit avion de chasse
Mais le projet échoue quand se bloque une hélice
Et que le monoplan sur terre se fracasse
Peu-après le conflit, Gustave se retire
De la vie active et se consacre aussitôt
À ce qu’il n’a jamais su lire ni écrire
Et que l’on appelait encore Esperanto
En mil neuf cent vingt-trois, quand Gustave Eiffel meurt
A quatre-vingt onze ans, à Paris, il fait froid
Sa famille l’enterre avec tous les honneurs
Et scintille la Tour jusques à Levallois
Je connaissais la Tour, bien sûr, et les hangars
Mais connaissant bien moins l'auteur de ces merveilles
À reconstruire l'œuvre ma plume s'essaye
Les parents de Gustave habitent la Bourgogne
Ils sont mariés depuis bientôt près de dix ans
Mais tardant un peu trop à se mettre en besogne
Le Champs de Mars faillit être sans monument
À la fin de l'hiver mil huit cent trente-deux
Au Castel de Dijon, les vieux époux conçoivent
Pour le bonheur de l'art et le plaisir des yeux
Un beau petit bébé qu'ils appellent Gustave
À onze ans il étudie à la Capitale
Quelques temps après il entre à Polytechnique
Décroche son diplôme à l'École centrale
Puis un job dans une firme métallurgique
Le nouvel ingénieur démontre son brio
En construisant un pont, mieux, une passerelle
Située sur la Garonne, à l'entrée de Bordeaux
Et qu'on appelle encor, la passerelle Eiffel
Puis, c'est à Arcachon qu'il poursuit ses prodiges
Une autre passerelle et un observatoire
Naissent de son cerveau lui donnant tel prestige
Que d'autres grands pays l'accueillent en fanfare
La Hongrie, la Turquie, le Vietnam, le Mexique
L’Espagne et le Pérou, savourent son génie
On retrouve son art, jusques en Amérique
Sous la robe de la « Statue of Liberty »
Et pour l’Exposition qu’on veut Universelle
On demande à Eiffel de construire une tour
Plus fine qu’à Londres, moins haute qu’à Babel
Que le monde viendra admirer nuit et jour
Cet ouvrage, en trois ans, en bordure de Seine
S’élève lentement face à son vieux rival
L’obélisque jaloux qui lui fait une scène
Mais la Dame de fer est d’un autre métal
Fort de ce bel exploit, Gustave s’investit
Dans la construction du canal de Panama
Mais ce projet s’avère être une escroquerie
Et il est condamné et ne s’en remet pas
Il se retire alors du monde des affaires
Et en attendant le verdict en cassation
L’Assemblée nationale lui cause des misères
Et débaptisée sont les rues qui ont son nom
Il consacre sa vie à rajeunir la Tour
Construite pour durer vingt années seulement
Et c’est la TSF qui vient de voir le jour
Qui sauve son enfant du démantèlement
Parallèlement, son équipe inaugure
Des tests en soufflerie concluants et utiles
Pendant la Grande Guerre, il construit des voilures
Des lanceurs, des hélices et des projectiles
En mil neuf cent dix-sept, ses travaux aboutissent
A la conception d'un petit avion de chasse
Mais le projet échoue quand se bloque une hélice
Et que le monoplan sur terre se fracasse
Peu-après le conflit, Gustave se retire
De la vie active et se consacre aussitôt
À ce qu’il n’a jamais su lire ni écrire
Et que l’on appelait encore Esperanto
En mil neuf cent vingt-trois, quand Gustave Eiffel meurt
A quatre-vingt onze ans, à Paris, il fait froid
Sa famille l’enterre avec tous les honneurs
Et scintille la Tour jusques à Levallois
