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Gratin de radins

THEOREM1

Nouveau poète
Gratin de radins

Si vous croissez quatre yeux doux en tirelire,
Accompagnés de deux mâchoires en tiroir-caisse :
Faîtes gaffe ! ne souriez pas avec allégresse,
Ils voleraient vos dents dorées, sans prévenir.
Ces rabat-joies nichent dans un trou à rats,
Un coin tout rabougri, un débarras.
Dans une cave sombre de leur tour à ras
D'un parc ; Voilà décrit ces tristes proprios (1).
C'est craignos, mais tout bon pour le magot.
Ces radins n'ont pas d'enfants,
C'est que ça coûtent énormément.


Comme ils n'ont vraiment honte de rien,
Ils font faire la manche à leur chien.

S'ils vous disent bonjour d'un air racoleur,
C'est qu'ils reniflent l'odeur du beurre.
Ces rats chassaient tous les chats de la rue,
Mais on n'en voit plus, ils ont tous fondus
Mijotés en ragoûts ou en petits civets,
Ca a très bon goût disent ces fins gourmets.
Ils mangent comme dix à tous les banquets,
Prennent pour Médor tous les os de poulets.
Même la cuisse toute chaude dans l'assiette de Roger,
En train de chanter : sa voix d'or, il l'a planquée.
A la fin sans rien à se mettre sous les quenottes,
Il leur entonna un refrain plein de fausses notes.


Devant toute cette misère bien étalée, sans pitié,
ils arrachaient des aides et même des larmes aux banquiers.

Un vieux clochard égaré leurs a offert ses frusques,
Sans ménager leurs efforts de manière un peu brusque
Ils lui ôtèrent en un tour de main liquette et falzar,
Nu comme un lézard sur le palier, ça lui fit bizarre.
Leur Chien était soigné sur ordonnance
Par un vieux médecin très complaisant ;
Pour le remboursement de ses médicaments.
Pas indemnisées, c'est pas de chance !
Ces ingrats économisaient la douche,
Même si ça attirait de grosses mouches.
La radine pour des corps au pied consulta le docteur,

Qui voulu examiner l'autre et sentit monter l'odeur.
Le radin, en tirant sur la chasse d'eau,
Prit sur la cafetière tous ses lingots,
Et finit raide mort sur le carreau.
Elle, de la vie trop courte voulu profiter,
Par un froid de canard elle a rencontré
Une célébrité qui mit fin à ses soucis.


Monsieur Monoxyde (2) la laissa dans son lit
Refroidie à cause des ventilations bouchées.

Ce n'est pas les voisins qui s'en sont plaints :
«Ah ! Ces ingrats, c'est pas du gratin,
Ce sont de vrais rapiats qui grattent,
Grattent ; comme des rats et des rattes
Attention quand là où les rats passent ».


Les neveux de tous ces écus furent ravis,
En ont bien vécus, de beaucoup de folies.
Et au casino sur un banco,
Ce fut un beau fiasco illico.
Hé alimenté par la roulette
Et par ceux qui sont aux pâquerettes,
Ecroulées les briques du pont d'or,
Echouèrent, en l'espèce, au Trésor.





(1) ils encaissent sous le manteau et en espèces, l’argent les loyers des appartements qu’ils louent dans tout cet immeuble dont ils sont seuls propriétaires et déclarent le moins possible au fisc qui reverse à l’Etat « très gourmand et si goinfre » ajoutait-il « mais toujours plus dilapideur ».

Ce n’était pas leur cas, pour la moindre réparation, c'était une affaire d'état, fallait relancer et puis attendre des mois et des mois. Ce même pas la peine d’y penser, se disaient les locataires, dans l’embarras, si bien qu’on leur demandait presque rien.
Mais ce qui leur rapportant le plus à proportion, c’était la location de garages qu’ils avaient bricolés au fond de la cour intérieure de leur immeuble, insalubres pour y entasser de pauvres infortunés et disant à ces malheurs locataires qui n’avait vraiment honte de rien :
- Vous devriez être content qu’on accepte de vous loger pour vous dépanner, sans nous vous en seriez réduit à être dans à la rue !

Et, d’ajouter l’air suffisant frisant l’arrogance :
- Pour tout ce que nous faisons pour vous, ce ne serait que justice de nous décorer d’une médaille en or.

Et, pour justifier leurs loyers exorbitants, ils savaient très bien leur rappeler qu’il bénéficiait grâce aux fausses déclarations établis de prises en charge sociales confortables.

Texte déposé
 
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