FRANCE PATRIE 2009
En cette forêt dense, jungle pâteuse et coagulée,
Mes pensées aveuglées se fourvoient en un sentier sinueux
De méandres sirupeuses et touffues, en ombre moirée
Où de candides palescences phosphorent toute velléité,
Arborant les âpres rouages du mépris et désaveux...
Ma raison ensommeillée se fraye un étroit passage
En ces ternes, sauvages et broussailleux dédales de lois...
Taillant, cisaillant les vrilles de ces chancreux concepts d'usage,
Bourbeuses, vaseuses glaisines au labyrinthe d'herbage
Corroyant les basses et arides tortures du désarroi...
En ce sournois abandon de conjoncture et d'induction,
Perdue, isolée aux entrailles de rêveries adventices,
De noumène, d'idéalisme, de synthèse, d'abstraction
Je tais, je fuis tout sens d'anatocisme, de corruption
Au blanc profit de ferveur, de sagacité, de profondis...
Ajustée d'élégance impromptue, désuète et mitée,
Telle Pythonisse j'aimerais apposer mes mains sur le temps,
J'offrirais sur l'autel Sel d'élixir d'un présent au passé
A la colorescence de versets, de savoir inusurpés
Où l 'harmonie délivrerait la clef des carcans...
L'inconstance de l'existentiel et ses juges séculiers
Donnent à tous ces personnages de haut parage -nos présidiaux-
Pouvoir sur la gente de petite condition "frustres démonnayés"...
Par ces cerveaux imbus leur jugement s'est laissé garrotté,
La serre rebelle s'est pliée devant la propagation des maux...
L'avidité des mangeurs de pauvres, des lanceurs de tempête
Réduit sans aucune casuistique la liberté en esclavage,
L'hégémonie a lancé et agite un virus à sonnette
Sur les gueux, faisant planer une sentence de terreur en leur tête
Qu'ils recevront en horreur sobre sans percevoir le moindre outrage...
Pour ces manants où la lumière n'apparaît que par courts éclairs
Aucun philtre pour juguler potentats et questeurs,
Pour l'obtention d'une tendresse qui tant fait défaut en cette ère...
Des cris muets, des larmes à l'ardeur suppliciante coulent de leur chair
Mais nul éphore, nul satrape, nul tribun m'essuieront leurs pleurs....
En tant que rhétoriqueur, me plaît d'imposer l'allégorie
De cette image virtuelle de l'esprit humain en son délire
Où par quelque transcendante opération de goétie
Seule régnerait la flamme d'une intelligence réfléchie
En mécroyance des sulfateurs, de leurs émules et de leurs tirs...
Un jour mystique et fort lointain, bien improbable et incertain,
En ayant plutôt versé de la ciguë que de l'ellébore,
Les magnats, victimes de leurs désirs, de leurs errance, en vain
Supplieront les forces obscures des pouvoirs élyséens
A jamais déchus en cet éden où seule la vertu est d'or.....
7 août 2009