Filiatus
Maître Poète
Comme elle, Parisien de souche
J'avais son âge, à un mois près
C'est dire si cela me touche
Quand un peu de soi disparaît
En octobre quarante-sept
Dans le quartier de la Bastille
La famille Gall est en fête
Car il vient de naître une fille
Elle se prénomme Isabelle
Mais ses frères deux bout'choux
Ainsi que ses parents l'appellent
Affectueusement Babou
Son père est un chanteur lyrique
Reconverti tout récemment
Dans la chanson plus romantique
Mais au discutable talent
À la maison mari et femme
Philippe, Patrice et Babou
Chantent, solfient et font des gammes
Assis au piano, pas debout
En soixante avec leur guitare
Frères et sœur montent un groupe
Mais comme ils l'avoueront plus tard
C'était de la vulgaire soupe
Tandis que son père compose
"La Mamma" avec Aznavour
Babou sort de ses livres roses
Son premier quarante-cinq tours
Ainsi commence l'ascension
De la gamine vers le Graal
Qui toutefois change de nom
Pour se baptiser France Gall
Alors en perte de vitesse
Gainsbourg voit là une occasion
De s'offrir une autre jeunesse
En lui écrivant des chansons
En mil neuf cent soixante-quatre
Elle crée "Sacré Charlemagne"
Qui toutes les ventes va battre
En France et en Grande-Bretagne
Au grand prix de l'Eurovision
Elle chante pour le Luxembourg
"Poupée de cire, poupée de son"
Qui lui fait gagner le concours
Avec son minois de minette
Elle attire Claude François
Avec sa chanson "Les sucettes"
Il devient jaloux comme un chat
Pour une raison qui m'échappe
Juste après le "Bébé requin"
Son équipe change de cap
Et part évoluer outre-Rhin
Quand elle revient c'est l'échec
Ses mélodies n'ont plus la cote
Au bout de quatre années de break
Elle entend quelques douces notes
C'est Michel Berger qui murmure
Une chanson sur son piano
À ce moment là France est sûre
Que c'est le génie qu'il lui faut
Alors commence une aventure
Entre les nouveaux fiancés
Qui pendant près de vingt ans dure
Au rythme des airs à succès
Dont : "La déclaration d'amour"
"Ca balance pas mal à Paris"
"Comment lui dire", "Besoin d'amour"
"Viens, je t'emmène", "Si maman, si"
"Il jouait du piano debout"
Et puis, "Débranche" et "Hong-Kong star"
"Tout pour la musique", et surtout
"Evidemment" et "Babacar"
Après un disque de diamant
Elle abandonne la musique
Et avec Michel et enfants
Elle s'expatrie en Afrique
En quatre-vingt douze elle craque
Son compagnon qu'elle chérit
S'éteint d'une crise cardiaque
Et déclenche une maladie
Atteinte d'un cancer du sein
Elle ne courbe pas l'échine
Mais un implacable destin
Lui ravit sa fille Pauline
France met fin à sa carrière
Et ne donne signe de vie
Que pour le triste anniversaire
De la mort de son grand chéri
En décembre deux mil dix-sept
Quand la France pleure Johnny
Babou agonise discrète
Dans un hôpital à Neuilly
J'avais son âge, à un mois près
C'est dire si cela me touche
Quand un peu de soi disparaît
En octobre quarante-sept
Dans le quartier de la Bastille
La famille Gall est en fête
Car il vient de naître une fille
Elle se prénomme Isabelle
Mais ses frères deux bout'choux
Ainsi que ses parents l'appellent
Affectueusement Babou
Son père est un chanteur lyrique
Reconverti tout récemment
Dans la chanson plus romantique
Mais au discutable talent
À la maison mari et femme
Philippe, Patrice et Babou
Chantent, solfient et font des gammes
Assis au piano, pas debout
En soixante avec leur guitare
Frères et sœur montent un groupe
Mais comme ils l'avoueront plus tard
C'était de la vulgaire soupe
Tandis que son père compose
"La Mamma" avec Aznavour
Babou sort de ses livres roses
Son premier quarante-cinq tours
Ainsi commence l'ascension
De la gamine vers le Graal
Qui toutefois change de nom
Pour se baptiser France Gall
Alors en perte de vitesse
Gainsbourg voit là une occasion
De s'offrir une autre jeunesse
En lui écrivant des chansons
En mil neuf cent soixante-quatre
Elle crée "Sacré Charlemagne"
Qui toutes les ventes va battre
En France et en Grande-Bretagne
Au grand prix de l'Eurovision
Elle chante pour le Luxembourg
"Poupée de cire, poupée de son"
Qui lui fait gagner le concours
Avec son minois de minette
Elle attire Claude François
Avec sa chanson "Les sucettes"
Il devient jaloux comme un chat
Pour une raison qui m'échappe
Juste après le "Bébé requin"
Son équipe change de cap
Et part évoluer outre-Rhin
Quand elle revient c'est l'échec
Ses mélodies n'ont plus la cote
Au bout de quatre années de break
Elle entend quelques douces notes
C'est Michel Berger qui murmure
Une chanson sur son piano
À ce moment là France est sûre
Que c'est le génie qu'il lui faut
Alors commence une aventure
Entre les nouveaux fiancés
Qui pendant près de vingt ans dure
Au rythme des airs à succès
Dont : "La déclaration d'amour"
"Ca balance pas mal à Paris"
"Comment lui dire", "Besoin d'amour"
"Viens, je t'emmène", "Si maman, si"
"Il jouait du piano debout"
Et puis, "Débranche" et "Hong-Kong star"
"Tout pour la musique", et surtout
"Evidemment" et "Babacar"
Après un disque de diamant
Elle abandonne la musique
Et avec Michel et enfants
Elle s'expatrie en Afrique
En quatre-vingt douze elle craque
Son compagnon qu'elle chérit
S'éteint d'une crise cardiaque
Et déclenche une maladie
Atteinte d'un cancer du sein
Elle ne courbe pas l'échine
Mais un implacable destin
Lui ravit sa fille Pauline
France met fin à sa carrière
Et ne donne signe de vie
Que pour le triste anniversaire
De la mort de son grand chéri
En décembre deux mil dix-sept
Quand la France pleure Johnny
Babou agonise discrète
Dans un hôpital à Neuilly