fil2fer
Poète libéré
Le franc symbolique
Donne-moi juste un franc, ce sou patriarcal,
Ce vieux franc, souviens-toi, géant pour le centime
Mais qui semblait sous les lumières d’un Pascal
Bien infime.
Verse-moi simplement ce franc comme un denier,
Qui en vaudrait bien deux s’il était sou fétiche
Et si ce franc était, de tes francs, le dernier,
Je suis riche.
Offre-moi sans regret, ta richesse d’hier,
Un souvenir qui dit qu’un merle vaut la grive
Qui est bien un trésor car me l’ayant offert
Tu t’en prives.
Fil2fer, le 17/10/2012.
La main de l’autre.
Mon âme est faite inquiète !
Je tremble un peu pour moi,
Quand le marteau s’apprête
A se lécher mes doigts,
Comme après le festin.
Et puis ma peur augmente,
Vibrant allégretto,
Si la main qui aimante
Le fer de ce marteau
Est celle d’un voisin.
Mais ma crainte est immense
Quand c’est sur mon enfant
Que ce brutal s’élance
Pour compter méchamment
Ce qu’il a de phalanges.
Oui ! D’une même chose
Le poids est différent,
Si l’outil se propose
Ou d’écraser mon gant
Ou la main de mon ange.
Fil2fer, le 25/10/2012.
Donne-moi juste un franc, ce sou patriarcal,
Ce vieux franc, souviens-toi, géant pour le centime
Mais qui semblait sous les lumières d’un Pascal
Bien infime.
Verse-moi simplement ce franc comme un denier,
Qui en vaudrait bien deux s’il était sou fétiche
Et si ce franc était, de tes francs, le dernier,
Je suis riche.
Offre-moi sans regret, ta richesse d’hier,
Un souvenir qui dit qu’un merle vaut la grive
Qui est bien un trésor car me l’ayant offert
Tu t’en prives.
Fil2fer, le 17/10/2012.
La main de l’autre.
Mon âme est faite inquiète !
Je tremble un peu pour moi,
Quand le marteau s’apprête
A se lécher mes doigts,
Comme après le festin.
Et puis ma peur augmente,
Vibrant allégretto,
Si la main qui aimante
Le fer de ce marteau
Est celle d’un voisin.
Mais ma crainte est immense
Quand c’est sur mon enfant
Que ce brutal s’élance
Pour compter méchamment
Ce qu’il a de phalanges.
Oui ! D’une même chose
Le poids est différent,
Si l’outil se propose
Ou d’écraser mon gant
Ou la main de mon ange.
Fil2fer, le 25/10/2012.
Cantatrice
Eloignez du petit, la jeune cantatrice,
Le pic de son aigu peut briser le cristal,
Mettre en morceaux tout cœur qui n’est pas de métal,
Ou du moins y tracer de larges cicatrices.
Ne deviens pas déjà, femme, petite femme,
Et ne lui chante pas l’amour jeune Diva.
Laisse le temps au temps de t’apprendre où s’en va
Un cœur quand on le jette un peu loin de son âme.
Préserve son regard, de toi, petite dame
Car le feu de l’amour appelle le sanglot
On sait, ces flammes là se dislovent dans l’eau,
Et meurent les amours dans les nuits de Paname
Fil2fer, le 20/08/2012.
Le pic de son aigu peut briser le cristal,
Mettre en morceaux tout cœur qui n’est pas de métal,
Ou du moins y tracer de larges cicatrices.
Ne deviens pas déjà, femme, petite femme,
Et ne lui chante pas l’amour jeune Diva.
Laisse le temps au temps de t’apprendre où s’en va
Un cœur quand on le jette un peu loin de son âme.
Préserve son regard, de toi, petite dame
Car le feu de l’amour appelle le sanglot
On sait, ces flammes là se dislovent dans l’eau,
Et meurent les amours dans les nuits de Paname
Fil2fer, le 20/08/2012.
Bouquet.
J’ai connu tant de fleurs :
Noblesses de passage,
Folies d’horticulteurs,
Ou fleurs de paysage
Des qui vont en troupeau,
Dans nos champs, nos pelouses,
Celle qu’on met au pot
Et à qui l’on dit « pousse ».
J’ai vu la fleur de lys
Si pure et si parfaite
Qu’un pied de cannabis
Vous tourne moins la tête
Et j’ai vu le muguet
Fine fleur d’élevage
Oublier que naguè-
-re il n’était qu’un sauvage.
J’ai vu la fleur des vieux
Le triste chrysanthème
Dire un premier adieu
Dire un dernier je t’aime.
Comme de petits arbres,
Ils font danser leurs ombres
Sur des plaques de marbre
Qui font tous nos décombres.
Et puis j’ai vu aussi
La fleur du militaire
Fleur au bout du fusil
Qui partait pour la guerre
C’est aussi le souci
Des fleurs de millionnaires
Qui vont mourir aussi
Mais à la boutonnière.
Et le coquelicot
D’une lignée banale
Qui compte les tacots
Au bord des nationales
Cette fleur n’ayant pas
Ce qu’un nez bien né goûte
Fait en plus les « j’sens pas »
Sur les bords de nos routes.
C’est le coquelicot
Qui ne vaut un centime
Qui emporte illico
Tout ce que j’ai d’estime.
Il pousse en liberté
Personne ne le cueille
Tranquille tout l’été
Personne ne l’effeuille.
Fil2fer le 04/10/2012.
Noblesses de passage,
Folies d’horticulteurs,
Ou fleurs de paysage
Des qui vont en troupeau,
Dans nos champs, nos pelouses,
Celle qu’on met au pot
Et à qui l’on dit « pousse ».
J’ai vu la fleur de lys
Si pure et si parfaite
Qu’un pied de cannabis
Vous tourne moins la tête
Et j’ai vu le muguet
Fine fleur d’élevage
Oublier que naguè-
-re il n’était qu’un sauvage.
J’ai vu la fleur des vieux
Le triste chrysanthème
Dire un premier adieu
Dire un dernier je t’aime.
Comme de petits arbres,
Ils font danser leurs ombres
Sur des plaques de marbre
Qui font tous nos décombres.
Et puis j’ai vu aussi
La fleur du militaire
Fleur au bout du fusil
Qui partait pour la guerre
C’est aussi le souci
Des fleurs de millionnaires
Qui vont mourir aussi
Mais à la boutonnière.
Et le coquelicot
D’une lignée banale
Qui compte les tacots
Au bord des nationales
Cette fleur n’ayant pas
Ce qu’un nez bien né goûte
Fait en plus les « j’sens pas »
Sur les bords de nos routes.
C’est le coquelicot
Qui ne vaut un centime
Qui emporte illico
Tout ce que j’ai d’estime.
Il pousse en liberté
Personne ne le cueille
Tranquille tout l’été
Personne ne l’effeuille.
Fil2fer le 04/10/2012.