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fèves et . . . Cuisine électorale !

Casbadji

Nouveau poète
FEVES ET . . . CUISINE ELECTORALE

Concitoyens braves villageois
Qui ne vivez pas dans la joie
Même appauvris et, pas bourgeois
Vous rêvez de choco liégeois

Mais à cause d'une monoculture
Pratiquée en agriculture
Une seule plante couvre la nature
Laquelle, nous sert de nourriture

Frères descendants d'Adam et d'Eve
Compatriotes que l'on achève
Entre deux feux, chômage et glaive
Nous subsistons grâce à des fèves

Que nous achetons à des marchands
A la criée, slogans et chants
Qui nous proposent cet alléchant
Et frais produit, cueilli des champs

Dans chaque coin, il y a des fèves
Des vertes, des sèches ou en conserves
Qui, dit-on réalisent nos rêves
Grâce et par leur magique sève

Tous les vendeurs, marchands forains
Des revenants, anciens parrains
Nous vantent leurs fèves avec entrain
A nous clients, dans le pétrin

Oyez mesdames ! Oyez messieurs
Dit chacun d'eux, ouvrez les yeux
A part mes fèves, il n'ya pas mieux
En cette contrée et, en tout lieu

Ils savent farder leur marchandise
Avec astuce et roublardise
Qu'elle prend l'aspect de friandise
Qui vous donne faim, et puis l'attise

Avec panache, art et talent
Nos commerçants, ces ambulants
Louent en jurant, leur succulent
Produit des champs, ou féculent

Alors comme ça, à tour de rôle
Ils prêchent, disant la bonne parole
Sur les vertus des féveroles
A mijoter dans les casseroles

Enrobées dans un emballage
Qui fait baver tout le village
Les fèves séduisent gens de tout âge
Qui rêvent d'embauche ou de voyage

Parait que celles mises en sachets
Que l'on s'achète à l’arracher
Mélangées à l'oignon haché
Fondent dans la bouche, sans les mâcher

Quant aux fèves des galettes des rois
C'est pour clients en désarroi
Les citoyens qui sont en proie
A la mal vie, misère et froid

Pour les chétifs et gringalets
Qui errent, n'ayant pas où aller
Eux, peuvent ainsi se régaler
De fèves bouillies à l'eau salée

Et puis encore celles en purée
Ont le pouvoir de conjurer
Le mauvais œil, et rassurer
Les galériens, ces torturés

Quant aux malades et ceux qui toussent
Y a pas mieux que les fèves en gousses
Cuites par vapeur, ça les rend douces
Et puis, donne appétit à tous

Des zones rurales au littoral
Parvient l'écho de la chorale
De cette cuisine électorale
Et ses recettes pour le moral

Mais comme toujours, les seuls perdants
Sont les clients, les résidents
De mon village, qui en mordant
Les fausses fèves, se cassent les dents
Merzak OUABED
Alger, avril 1999
 
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