GRIZAUD
Nouveau poète
EXPRESSIONS BOURGUIGNONNES Je suis allé, cré vain diou à la chasse à la luterne Chômer tranquille en voisin de tripot J’ai bramé sans valoir ni merde ni verne Couché à la rechaude , j’ai dormi comme un plot. Cré loup vérou, il n’y que la crachie qui nage Car les corbeaux ne font pas que des pies Se mettre en tripe de vache ce n’est plus de mon âge J’ai flairé la meurette et ça n’a pas de prix. Avoir de l’œuvre à sa quenouille pour mener son ordon Nadouiller sans relâche en payant son béjaune Tirer les aiguillottes et souffler dans le son Le cochon est trop saoul pour finir dans la Saône. Embrasser à la pincette ou se mettre à l’assotte Faire le chêne fourchu en crachotant dans l’Ouche Rond comme une pelle, sec comme de la chènevotte C’est à la Saint-Glinglin que l’ niau se met en couche. Stephen BLANCHARD Salon du livre, Talant le 11 décembre 2011. Courriel : aeropagblanchard@aol.com « Embrasser à la pincette » : maintenir le visage en prenant les deux joues entre les doigts pour un baiser sonore « La chasse à la luterne » : faire croire à un naïf à la capture d’un animal rare dont la peau est hors de prix « Se mettre à l’assotte » : généralement se mettre à l’abri ou se mettre dessous (plusieurs variantes) « Le chêne fourchu » : se tenir sur la tête les jambes en l’air ou faire le poirier en français « Chômer tranquille » : cesser toute activité au sens péjoratif de feignant « À la Saint-Glinglin » : aucun saint n’a porté ce nom, c’est comme les calendes grecques « Cracher dans l’Ouche » : crachat valant bonne foi et plus précisément au parc de la Colombière, qui borde l’Ouche « Coucher à la rechaude » : se coucher dans un lit pas fait le soir, terme propre aux célibataires mâles « Le cochon est trop saoul » : pour un enfant c’est refuser de manger ou refuser un cadeau qui semble de grande valeur « Dormir comme un plot » : dormir comme une souche, avoir le sommeil très lourd « Nadouiller » : jouer avec l’eau, nadouiller à la fontaine donc ne pas faire grand-chose « Flairer la meurette » : dans le sens morvandiau c’est tâter le terrain… mais aussi une matelote au vin rouge « Laisser un niau » : œuf en bois ou en plâtre pour inciter les poules à pondre et à placer dans le nid « Avoir de l’œuvre à sa quenouille » : avoir du pain sur la planche donc beaucoup de travail, beaucoup d’ouvrées « Cré loup vérou » : juron favori pour ça sent mauvais et que c’est creux avec les risques de blasphème en moins « Mener son ordon » : être ordonné a bien travailler entre les ceps ou chacun mène ses affaires à sa guise « Payer son béjaune » : quand un étranger du village prenait femme, il devait payer sa tournée bai-jaune « Faire la Saône » : obéir aux nécessités aqueuses de la nature et finir dans la Saône « Un voisin de tripot » : rien à voir avec un bouge mal famé mais c’est être voisins de palier par un escalier extérieur « La crachie qui nage » : c’est le résidu du beurre fondu et de peu de valeur (il n’y a que les propre-à-rien qui savent nager) « Ne valoir ni merde ni verne » : sans aucune valeur comme l’aulne un très mauvais bois « Tirer les aiguillottes » : tirer des coups de fusils le jour de son mariage, le symbole sexuel est évident (voir variantes) « Se mettre en tripe de vache » : la chute d’une historiette en langage populaire (voir variantes) « Sec comme de la chènevotte » : les champs sont secs comme de la chènevotte, petit bois pour allumer le feu « Rond comme une pelle » : bourré, saoul, raide d’équerre (plusieurs variantes dont rond comme une queue de pelle) « Les corbeaux ne font pas que des pies » : ironiquement, les chiens ne font pas des chats « Souffler dans le son » : plusieurs variantes dont une personne qui a l’épiderme parsemé de taches de