maldoror42
Nouveau poète
On regarde ensemble le bleu fouillis des étoiles On s’imagine sur un radeau perdus sur l’océan Toi à tresser des fleurs, moi à manœuvrer les voiles Souvent on rit en disant : « et si on foutait le camp » On est fatigué des petits mondes qui se déchirent Pour encore moins d’espace et plus de morales On n’en peut plus voir tous ces enfants mourir Dans des rizières ou allongés sur des rues sales On cherche à s’éloigner des écrans, des satellites On est plus reliés sur le micro des jeunes chanteurs On rêve de silence, ils rêvent de gloire et de mérite Toujours taper sur des chiffres pour faire un pleur On n’écoute plus la philosophie des gueules de bois On veut penser par nous-mêmes on rêve de liberté Loin des politiques, des politesses de mauvaise foi On ne veut plus se vendre pour une autre identité On ne veut plus perdre de temps pour un salaire À construire d’autres vies que la notre. On chasse Un soleil qui finira aussi par s’en foutre de la Terre On est plus les fils de ces hommes qui s’effacent On est épuisé des résistances dans les boudoirs Des enfants ornés qui pensent pour le peuple Qui n’ont pas peur de jouer l’idéal et les espoirs Des ignorants qui s’accroupissent dans un meuble. On rêve de boire dans une rivière sans péniches Que le plus haut soit un arbre, le plus dur s’aimer On veut se nourrir de rosée et de vrai haschich On veut pleurer pour un papillon qui nous a quitté On regarde passer des moutons quand tombe le soir Et on s’aime entre nos murs sous un rayon d’argent On se dit qu’il nous est enfin possible de le vouloir Et on rit en se disant : "et si on foutait le camp"