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Espace d'Ekphrasis

Matthale

Webmaster
Membre du personnel
AetherBlade vous fait découvrir un univers :

"L'ekphrasis, c'est un peu comme si les mots prenaient un pinceau pour vous faire voir une œuvre d'art. Ce n'est pas juste une simple description ; c'est une façon de raconter, de façon vivante et hyper détaillée, une peinture, une sculpture, une photo, ou même un paysage. L'idée, c'est de vous plonger tellement dedans que vous pouvez presque la sentir, la voir, la toucher ou l'entendre, juste en lisant.

Mais l'ekphrasis va plus loin qu'une simple image mentale. Elle cherche à explorer toutes les émotions, les histoires et les idées que cette œuvre peut réveiller. C'est une invitation à aller au-delà de ce que vos yeux verraient, pour une expérience plus profonde, plus intime.

C'est aussi une magnifique passerelle entre les arts. Grâce à elle, un texte peut discuter avec un tableau, une photo. Ce dialogue peut révéler des secrets cachés de l'œuvre originale, ou même en créer une toute nouvelle, inspirée par la première.

Et ce n'est pas tout ! L'ekphrasis permet aussi à l'auteur de se livrer, de projeter ses propres pensées, souvenirs ou fantasmes sur ce qu'il décrit. C'est un vrai échange entre celui qui regarde et l'œuvre, où le texte devient un filtre, une manière unique de percevoir le monde."
AetherBlade.
 
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Les témoins de Virginia

Le vent m’appelle, encore. Tu joues dans mes cheveux comme si tu me connaissais. Comme si tu avais toujours été là, ici, compagnon silencieux de mes absences. J’ai les yeux fermés et j’écoute, je ressens. Je reste là, les jambes repliées sous ma robe trop longue, mes mains posées sur mes genoux, assise sur ce sable un peu humide, granuleux, si vrai… toi qui m’enracines dans un monde que je ne comprends pas toujours.

Je m’appelle Virginia. Je suis venue seule. Par choix. Par fatigue, peut-être. Non pas pour fuir, mais pour entendre. Quelque chose. Quelqu’un. Mon cœur, peut-être.

Toi, la mer... tu ne me parles pas, mais tu me dis tout. Tu avances, tu recules, tu respires. Comme moi. Mais plus sage. Tu n’as pas peur de te perdre. Tu n’as pas peur de heurter la terre, de caresser ses plages encore et encore. Tu recommences. Sans te plaindre.

Et toi, la montagne, là-bas, si haute, si calme… Comme si tu ne m’avais pas encore remarquée. Ou alors, tu me vois depuis longtemps, et tu attends. J’ai cette impression que tu me regardes à travers la mer, ton reflet dans l’immensité de ce miroir. Que tu sais déjà ce que je cherche, et que tu ne diras rien. Pas encore.

Le vent… tu es là aussi… car je te sens toucher mon visage et jouer encore avec mes cheveux. Et pourtant… pourtant mes oreilles n’entendent rien. Où sont tes murmures et tes chuchotements ? Guide-moi à travers ton souffle, à travers ta force.

Et le sable, oui toi… grains de mes folies, tu me laisses m’asseoir sur ton tapis doré, mais tu ne me dis rien ? Toi que la mer caresse infiniment, toi, le même, tu ne m’écris pas un message, dessiné d’un cœur ?

Nuages, ne croyez pas que je vous ai oubliés. Je vous vois et je vous regarde, voici maintenant que je vous parle. Oui, vous, masses de coton éphémères, qui passez par là, au-dessus de moi, comme les pensées que je ne saisis pas toujours. Alors… adressez-moi la parole… je suis là, allez…, une forme ou une image, mais racontez-moi quelque chose.

Je parle seule, peut-être… Personne ne me voit, assise ici. Et si quelqu’un, quelque chose, m’écoutait… est-ce que vous comprendriez ?

Pourquoi suis-je là ? Pourquoi ai-je toujours cette sensation d’absence, de vide, alors que tout autour de moi déborde de vie ? Est-ce moi qui suis creuse, ou est-ce que je cherche à remplir quelque chose qui ne demande qu’à rester vide ?

J’aimerais… j’aimerais qu’une voix me réponde. Pas une voix humaine — je ne crois plus en elles — mais une voix d’écume, de vent, de lumière. Quelque chose qui ne me juge pas. Qui me reconnaît et qui n’est qu’amour.

Ah, l’amour… Je sais que j’ai de l’amour en moi. Trop, peut-être. Ou mal rangé. C’est lourd, parfois, ce silence plein d’amour. Il me serre le cœur comme un souvenir oublié. Mais je veux croire qu’un jour, je saurai. Je saurai pourquoi j’ai attendu ici, à cet instant précis, avec comme témoins : toi, le vent ; toi, la mer ; toi, la plage ; toi, la montagne ; toi, le sable ; et vous, les nuages, qui étiez là, sans ralentir.

Vous étiez là, tous, même toi. À cet instant. Pour moi. Vous voulez me dire quelque chose, je le sens. Et peut-être… peut-être que votre silence, c’est déjà une réponse.


AetherBlade
 
Peut être que la vie en vrai, c'est beaucoup plus qu'un silence, qu'une réponse.
Vois tu la mer, la montagne, c'est un passage, un moment, quand tu n'y es pas.
Nous pouvons ressentir, sans y être, par pensées, ou y être et l'oublier, qu'on y est ...
 
Cet écrit me fait penser à des chuchotements soufflés à l’oreille de V. Woolf, à un trop-plein de sensations perçues ou à ses suppliques qu’on n’aurait pas entendues.
 
Un clin d’œil réussi, pour une artiste qui s’est délestée de certaines contingences, en emplissant ces poches de cailloux. Qui s’est diluée dans les eaux à l’ image de son écriture qui épousait les éléments et se fondait dans le vent, les parfums, etc. Merci.
 
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