Filiatus
Maître Poète
À celui qui régna en maître
Sur les océans de sa voile
À celui qui a fait renaître
Le goût des courses sans escales
À celui qui battit en brèche
Les navigateurs britanniques
En traversant comme une flèche
En solitaire, l'Atlantique
À celui qui créa "Pen-Duick"
Les trimarans, les multicoques
Je dédie ces vers nostalgiques
En souvenir de cette époque
Éric Tabarly naît à Nantes
Sur le port, naturellement
Tout au début des années trente
Face à la mer, évidemment
Très vite, il découvre la voile
À trois ans, avec ses parents
À bord du bateau familial
Qui cabote sur l'océan
Vers les sept ans, son père achète
Un voilier au profil antique
Et tel un Breton qui s'entête
Il le rebaptise "Pen Duick"
À vingt et un ans, il s'engage
Dans la Marine, et le pompon
Après un très éprouvant stage
Le voilà... pilote d'avion
Toujours au sein de la Marine
Et au manche de son coucou
Il va se battre en Indochine
Et revient après "Diên Biên Phu"
En mil neuf cent cinquante-huit
Après une année à problème
Il obtient, sans satisfecit
L'accès à l'école E.O.M.
Élève officier de marine
Dans les quelques mois qui s'ensuivent
Ses condisciples, il domine
Par ses capacités sportives
Parallèlement, il répare
Le bateau de ses père et mère
Et bientôt il se met à la barre
Fin prêt pour reprendre la mer
Entre deux courses pour la gloire
Il est enseigne de vaisseau
Puis il participe à l'Ostar
Le tour de la Terre en solo
Il la gagne en soixante-quatre
Devant les fiers Anglo-Saxons
Que les Français ne savaient battre
Depuis une génération
Élève "commando marine"
À trente-cinq ans au compteur
Malgré la dure discipline
Il surclasse ses instructeurs
"Pen Duick" est partie à la casse
"Pen Duick" deux et puis "Pen Duick trois"
Ont abandonné leur carcasse
Pour le "Pen Duick", "Manureva"
Mais pour la course en solitaire
De mil neuf cent soixante-huit
Le bateau manque de repères
Lors, Eric abandonne vite
Avec son tout dernier "Pen Duick"
Il obtient comme récompense
De gagner la "Transpacifique"
Avec onze journées d'avance
Il gagne "Falmouth-Gilbraltar"
Puis "Los Angeles-Tahiti"
Et quelques semaines plus tard
Quand le "Pen Duick" six est construit
Il gagne "Bermude-Angleterre"
Le "Triangle-Atlantique" et la
"Transat anglaise en solitaire"
Juste devant Alain-Colas
Cette même année, un sondage
Lui donne la médaille d'or
Parmi les sportifs de tous âges
Devant Merckx, Cruyff et Poulidor
Après que quelques architectes
De chez Dassault l'aient secondé
Un certain Paul Ricard injecte
L'argent dans son nouveau voilier
Un trimaran tout en métal
Qui lui fait battre le record
De la traversée à la voile
De l'Atlantique par le nord
Entre deux courses, il convole
En justes noces au pays
Avec Jacqueline Chatrol
De qui naît sa fille Marie
À la fin de la décennie
Il vogue moins, presque, il lambine
Mais il est toutefois admis
À l'Académie de marine
Lors, pour mettre un terme aux palabres
Sur son âge pour naviguer
Il court la "Transat Jacques Vabre"
Qu'il remporte avec Yves Parlier
Quelques mois plus tard c'est le drame
En mer d'Irlande, il vogue seul
Lorsqu'une gigantesque lame
Vient l'entourer comme un linceul
C'est en pleine Coupe du monde
Mil neuf cent quatre-vingt-dix-huit
Que happé par les eaux profondes
Le grand navigateur nous quitte
Sur les océans de sa voile
À celui qui a fait renaître
Le goût des courses sans escales
À celui qui battit en brèche
Les navigateurs britanniques
En traversant comme une flèche
En solitaire, l'Atlantique
À celui qui créa "Pen-Duick"
Les trimarans, les multicoques
Je dédie ces vers nostalgiques
En souvenir de cette époque
Éric Tabarly naît à Nantes
Sur le port, naturellement
Tout au début des années trente
Face à la mer, évidemment
Très vite, il découvre la voile
À trois ans, avec ses parents
À bord du bateau familial
Qui cabote sur l'océan
Vers les sept ans, son père achète
Un voilier au profil antique
Et tel un Breton qui s'entête
Il le rebaptise "Pen Duick"
À vingt et un ans, il s'engage
Dans la Marine, et le pompon
Après un très éprouvant stage
Le voilà... pilote d'avion
Toujours au sein de la Marine
Et au manche de son coucou
Il va se battre en Indochine
Et revient après "Diên Biên Phu"
En mil neuf cent cinquante-huit
Après une année à problème
Il obtient, sans satisfecit
L'accès à l'école E.O.M.
Élève officier de marine
Dans les quelques mois qui s'ensuivent
Ses condisciples, il domine
Par ses capacités sportives
Parallèlement, il répare
Le bateau de ses père et mère
Et bientôt il se met à la barre
Fin prêt pour reprendre la mer
Entre deux courses pour la gloire
Il est enseigne de vaisseau
Puis il participe à l'Ostar
Le tour de la Terre en solo
Il la gagne en soixante-quatre
Devant les fiers Anglo-Saxons
Que les Français ne savaient battre
Depuis une génération
Élève "commando marine"
À trente-cinq ans au compteur
Malgré la dure discipline
Il surclasse ses instructeurs
"Pen Duick" est partie à la casse
"Pen Duick" deux et puis "Pen Duick trois"
Ont abandonné leur carcasse
Pour le "Pen Duick", "Manureva"
Mais pour la course en solitaire
De mil neuf cent soixante-huit
Le bateau manque de repères
Lors, Eric abandonne vite
Avec son tout dernier "Pen Duick"
Il obtient comme récompense
De gagner la "Transpacifique"
Avec onze journées d'avance
Il gagne "Falmouth-Gilbraltar"
Puis "Los Angeles-Tahiti"
Et quelques semaines plus tard
Quand le "Pen Duick" six est construit
Il gagne "Bermude-Angleterre"
Le "Triangle-Atlantique" et la
"Transat anglaise en solitaire"
Juste devant Alain-Colas
Cette même année, un sondage
Lui donne la médaille d'or
Parmi les sportifs de tous âges
Devant Merckx, Cruyff et Poulidor
Après que quelques architectes
De chez Dassault l'aient secondé
Un certain Paul Ricard injecte
L'argent dans son nouveau voilier
Un trimaran tout en métal
Qui lui fait battre le record
De la traversée à la voile
De l'Atlantique par le nord
Entre deux courses, il convole
En justes noces au pays
Avec Jacqueline Chatrol
De qui naît sa fille Marie
À la fin de la décennie
Il vogue moins, presque, il lambine
Mais il est toutefois admis
À l'Académie de marine
Lors, pour mettre un terme aux palabres
Sur son âge pour naviguer
Il court la "Transat Jacques Vabre"
Qu'il remporte avec Yves Parlier
Quelques mois plus tard c'est le drame
En mer d'Irlande, il vogue seul
Lorsqu'une gigantesque lame
Vient l'entourer comme un linceul
C'est en pleine Coupe du monde
Mil neuf cent quatre-vingt-dix-huit
Que happé par les eaux profondes
Le grand navigateur nous quitte