En vain
Tel Don Quichotte je me bats avec les vents,
Contre les moulins, les avants des contre temps,
Espoir de tempérance en l’obscurantisme
Où la gente humaine ne m’est que sévisme,
Ô combien me serait-il doux, combien apaisant
D’atténuer les lumières cinglantes
D’adoucir les couleurs aux marques violentes
D’estomper les souffrances et les déchirements
De calmer les brûlures cruelles et les tourments,
Telle une frêle pirogue sous tornades
Je me voudrais de vaincre les canonnades,
Mon esquif tangue en ce monde de colère
Où la paix ne se révèle que chimère,
Ô combien me serait-il doux et apaisant
De balayer les rancœurs et les tumultes
De tempérer les harcèlements incultes
D’étouffer les cris et les manipulations
D’alléger les tristesses, épreuves et afflictions,
Tel un rêveur où l’esprit s’égare en fumée
Je me consume d’une espérance enflammée
Ma plume guerroie contre toute injustice
Mais n’en reçoit qu’infâmes cicatrices…