DUO D’AMOUR EN SOLO ET HUMOUR
hors concours
Imaginez : un Jean Marais dans le rôle d’un Tristan éperdu d’amour, une Arletty à la verbe gouailleuse des faubourgs…
Mon tendre amour, ma douce amante, ma mie,
Ma noble dame, ma princesse, ma vie,
L’amour que je vous porte se demeure d’Eternel,
Vous êtes mon souffle, la sève de mon existence, mon missel…
Et vas y donc ! il recommence ses chants d’oiseaux
Le cui cui dans les bois, le clap clap des ruisseaux !
J’pige que dalle à sa jactance,
Ses « blablabla » moi j’m’en balance !
Ô votre peau satinée de velours soyeux,
Le reflet de mon âme se perd en vos yeux,
Au fil de mes jours, au fil de mes nuits je m’incline
Devant la magnificence de votre beauté sublime…
Oh lala ! Il va pas la fermer ce gus là !
J’en ai encore pour des plombes à esgourder son charabia…
Moi j’le baratine pas sur ses guiboles,
Sur ses quinquets, sa tronche, ses roubignoles !
Vos doux seins évoquent la blancheur de colombes ingénues,
Votre bouche divine garde la saveur des nues,
Votre corps de rêve déroge les célestes clartés,
Votre démarche altière, votre visage s’égrainent de pureté…
Bon, moi j’ai les crocs… Y m’fiche les grelots !
Y doit rester un bout d’gigot aux faillots,
J’vas m’en jeter une louchté dans la panse
Avec une bonne lampée d’picolo…Y m’les lance !
Aux rivages de mes songes, ô mon ange adoré,
Vous préservez en vos mains ma destinée
Et de me complaire, de me noyer en votre univers,
De respirer vos joies, vos peurs, votre atmosphère…
Atmosphère, atmosphère !
Mais il me pompe l’air !
Là, les mecs, j’suis en surdose
J’vais t’l’envoyer sur les roses !
Pour vous, ô si délicieux amour,
J’inventerai des mots suprêmes, d’élogieux discours,
Je vous couvrirai d’or et de caresses,
Je vous comblerai d’ivresse…
Ben vrai ! J’préfère l’amour en duo
Plutôt qu’en solo !
Mais là j’m’repose la question…
Il m’a vraiment gonflé le jonc !