Alexandrin241997
Poète libéré
Les larmes anéantissent chacun de mes vers, Mon encre s'évapore et ma gorge se serre. Le papier se déchire et fait saigner ma soie, Ci gisent mes espoirs sur lesquels je m'assois. Grand bien ne pas point fait de ne plus écrire, J'ai caché mes souffrances et je ne voulais dire L'assaillante douleur que j'éprouve en contant, Cette ébauche de vers qui détruit mon vivant. Je détruis chaque peine d'un intense feu, Les cendres du malheur montant vers les cieux, Une porte se ferme sur mon horizon, Je ne vois plus rien, on me met un bâillon. On enchaine mes bras, je sais où l'on m'emmène, Je me livre en aveugle au destin qui m'entraîne,* Flammes brûlant mes chairs et pourrissant mon âme, Je m'approche en pleurant et me coupe à sa lame.